Prendre soin des autres, ça a toujours été ton truc. Et si tu te vois bien dans un établissement médico-social pour t’occuper d’autrui une fois diplômé, impossible d’y échapper : il faut préparer le DEI (diplôme d’État d’infirmier), sésame obligatoire pour exercer. Compte 3 ans d’études en IFSI (institut de formation en soins infirmiers) après le bac, avec un programme axé sur la pratique pour te rendre rapidement opérationnel !
Première étape : décrocher ta place en IFSI
Pour devenir infirmier en France, une seule voie possible : le diplôme d’État d’infirmier (DEI). Depuis 2019, le concours d’entrée en IFSI a disparu pour les post-bac : la sélection se fait maintenant sur dossier via Parcoursup et tu peux formuler plusieurs vœux dans les près de 350 IFSI qui maillent le territoire français.
Côté bac, deux voies s’ouvrent à toi. En filière générale, les spécialités scientifiques collent parfaitement avec les attentes de la formation. En bac techno, la filière ST2S reste la voie la plus alignée avec les métiers du soin. Un bac pro ASSP peut aussi ouvrir la porte, à condition que ton dossier tienne vraiment la route.
Chaque année, le nombre de places en IFSI est fixé par arrêté du ministère de la Santé. Le chiffre peut donc varier d’une rentrée à l’autre.
Mais alors qu’est-ce que les IFSI regardent-ils vraiment ? Chaque institut fixe ses propres critères, mais dans les grandes lignes, trois éléments reviennent partout : tes compétences scolaires, tes aptitudes relationnelles (celles que tu as pu développer au lycée ou lors de tes stages), et tes expériences, notamment en milieu sanitaire ou médico-social. À ça s’ajoute la fameuse lettre de motivation : soigne-la vraiment, car c’est parfois elle qui fait la différence quand deux dossiers se ressemblent.
Tu ne rentres pas dans la case Parcoursup post-bac ? Plusieurs passerelles existent :
- Les étudiants en PASS ou L.AS peuvent rejoindre le 2ᵉ semestre de 1ʳᵉ année en cours de route.
- Ceux qui ont validé leur 1re année d’études de santé sans poursuivre en médecine, maïeutique, pharmacie ou odontologie peuvent accéder directement en 2ᵉ année.
- Les étudiants ayant validé 2 ou 3 ans de médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie peuvent aussi entrer en 2ᵉ année d’infirmier, après avis de la commission.
- Si tu es déjà inscrit dans une formation d’auxiliaire médical de niveau bac+3 minimum, tu peux rejoindre la 1ʳᵉ ou 2ᵉ année après avis de la commission d’admission.
Selon ton parcours antérieur, des dispenses de cours, d’examens ou de stages peuvent aussi t’être accordées sur décision du directeur de l’institut.
L’admission par épreuves reste ouverte à deux profils : les titulaires du bac en reprise d’études (dans le cadre de la formation professionnelle continue) et les titulaires du DE d’aide-soignant, de secrétaire médicale ou de moniteur éducateur qui n’ont pas le bac. La démarche se fait directement auprès du centre de formation qui t’intéresse.
Le DEI en 3 ans : ce qui t’attend en IFSI
La formation en IFSI dure 3 ans, répartis en 6 semestres, pour un volume total de 4 620 heures. À la clé : 180 crédits ECTS, un DEI qui confère le grade de licence (niveau 6 au RNCP) et un diplôme délivré par l’université à laquelle ton institut est rattaché.
Au total, tu passes 2 310 heures en enseignement clinique, soit environ 60 semaines de stage cumulées sur les 3 ans. Ajoute à ça 1 890 heures d’enseignement et d’encadrement pédagogique (cours magistraux, travaux dirigés, ateliers pratiques) et 420 heures de travail d’appropriation des connaissances en autonomie.
Autre point important, depuis la rentrée 2026, tu entres en formation avec un tout nouveau référentiel (arrêté du 20 février 2026), articulé autour de 5 domaines et 13 compétences. Trois nouveautés méritent d’être retenues : la prescription infirmière, les enjeux environnementaux en santé et la transmission numérique. La psychiatrie et la santé de l’enfant deviennent aussi des terrains de stage obligatoires.
Les bases
En première année, tu bosses les sciences biologiques et médicales (anatomie, biologie, pharmacologie, hygiène), les sciences humaines et sociales (psycho, éthique, santé publique) et les sciences infirmières proprement dites.
Ton premier stage de découverte arrive dès le premier semestre, souvent en EHPAD, en médecine générale ou en service de soins.
Les choses sérieuses commencent
En deuxième année, tu montes clairement d’un cran. Les stages s’allongent, les situations se corsent (soins critiques, urgences, chirurgie, santé mentale) et tu commences à gérer une charge de travail plus proche de celle d’un vrai infirmier.
C’est aussi là que ta pratique clinique s’affirme vraiment : tu poses des perfusions, tu prépares des piluliers, tu accompagnes des familles… Tu passes de « étudiante en stage » à « quasi collègue ».
La dernière ligne droite
La troisième année, c’est celle où tu prépares ton travail de fin d’études (TFE), où tu enchaînes ton stage professionnel long et où tu découvres la prescription infirmière, tout nouveau champ ouvert par la réforme. Si tu valides l’ensemble de tes semestres, tu ressors infirmier diplômé d’État, prêt à mettre directement les pieds dans la vie active !
Une fois le DEI en poche, tu peux poursuivre avec une spécialisation qui demande une formation supplémentaire : le DE d’infirmier anesthésiste (IADE), le DE d’infirmier de bloc opératoire (IBODE), ou encore le DE d’infirmier en pratique avancée (IPA).
Tu veux voir à quoi ressemble le métier au quotidien ? Va faire un tour sur la fiche métier de l’infirmier : tu y trouveras les missions, la journée type ou encore les perspectives d’évolution !
Côté finances : combien coûte la formation ?
La réponse dépend en grande partie du statut de ton IFSI. Dans un IFSI public, tu es plutôt tranquille : compte les frais d’inscription universitaires (environ 170 €), auxquels s’ajoute la CVEC (contribution de vie étudiante et de campus) à 105 € pour l’année 2026/2027. Si tu es boursier, tu es exonéré des frais d’inscription.
Dans un IFSI privé, c’est une autre histoire : les frais de scolarité peuvent atteindre jusqu’à 10 000 € par an selon l’établissement. Sache que, dans presque tous les cas, le conseil régional prend en charge tes frais de scolarité si tu es en formation initiale ou demandeur d’emploi (sous conditions).
En revanche, certains coûts restent à ta charge, quel que soit ton IFSI : le matériel (tenue, chaussures, stéthoscope, etc.), l’uniforme et, bien sûr, ton logement si tu dois quitter le domicile parental pour te rapprocher de l’école ou des lieux de stage.
Deux dispositifs valent le détour : le contrat d’allocation d’études (un hôpital te finance tes études en échange d’un engagement à travailler chez lui pendant plusieurs années après ton diplôme) et le contrat d’apprentissage, qui te permet de percevoir un certain pourcentage du SMIC en échange de ton travail.
Pour résumer : les inscriptions pour devenir infirmier se font via Parcoursup, si tu candidates juste après le bac. Ensuite, ce sont 3 années sur les bancs de l’école qui t’attendent. Enfin, le coût de tes études dépend de la structure intégrée. À toi de jouer !