Avoir quelques notions d’un jargon spécifique fait toujours son petit effet. Il y a ces gens étranges qui maîtrisent un quelconque langage elfique, et puis il y a ceux qui sont tout simplement en prépa.
Pour pimper ton langage courant avec des expressions exotiques, mieux communiquer avec ton pote inscrit en CPGE ou réussir ta rentrée à toi en prépa, Diplomeo te liste quelques termes phares, propres au jargon des prépas !
La complexe démographie des prépas
L’hypokhâgne (HK) : Première année d’une prépa littéraire.
La khâgne (KH) : Deuxième année d’une prépa littéraire.
Le suffixe -khagne proviendrait de l’adjectif « cagneux », utilisé pour désigner des jambes déformées.
Ok, mais quel rapport ? Historiquement, les élèves en prépa littéraire ont la réputation de ne pas pratiquer d’activité physique, préférant rester assis, le nez dans les livres toute la journée, ce qui leur vaudrait une mauvaise condition physique.
Par opposition, les élèves scientifiques peuvent présenter des épreuves sportives aux concours et s’entrainent toute l’année en conséquence. C’est le cas par exemple pour intégrer Polytechnique.
L’hypotaupe (HX) : Première année d’une prépa scientifique, pour entrer à Polytechnique par exemple. On appelle aussi cette école « l’X » d’où la présence de la lettre dans l’abréviation de cette première année.
La taupe (X) : Deuxième année d’une prépa scientifique. Les « taupes » ou « taupins » sont les élèves de CPGE scientifiques. La parenté avec cet animal viendrait du caractère casanier de ces étudiants, qui resteraient en intérieur pour réviser, et également du port généraliser des lunettes, en raison de leur myopie. On dit bien « myope comme une taupe » non ?
Perdu ! Les élèves de prépas scientifiques sont des taupes, pas des castors. Pour aller plus loin, l’association avec cet animal remonterait au 19e siècle, lorsqu’on appelait « taupins » les soldats poseurs de mines. Et pour cause, il travaillait littéralement dans la terre. Ces officiers du génie étaient d’ailleurs issus de Polytechnique — encore elle.
Progressivement, « taupins » a désigné les élèves se préparant à intégrer l’X puis tous ceux en prépa scientifique.
La sup : Désigne génériquement la première année d’une CPGE.
La spé : Désigne la deuxième année d’une CPGE. Les « spé » sont donc les élèves en deuxième année.
Un bizuth, bisuth ou bisut : Nouvel élève de prépa, entrant en première année. Par extension, désigne un nouvel arrivant.
Un trois demies (3/2) ou carré : Élève en deuxième année de prépa.
Un cinq demies (5/2) ou cube : Élève qui redouble sa deuxième année de prépa. On dit qu’il « cube » ou « khûbe ». Techniquement, il effectue sa troisième année de prépa. L’objectif ? Multiplier ses chances de réussir les concours de son choix et quitter la prépa avec un niveau d’études bac+3 — pas seulement bac+2.
Un sept demies (7/2), bicarré, bikhârré ou bica : Pokémon rare ! Élève qui ne redouble pas, mais triple sa deuxième année de prépa.
Il s’agit d’une petite touche d’excentricité de la part des élèves de CPGE, surtout en filière littéraire. Les « h », les « k » et les accents circonflexes à tout bout de champ servent à donner une fausse étymologie grecque ou latine — et donc noble — à plusieurs mots comme « khâgne », « khôlle » ou même « khlâsse » pour classe et « khônkhour » pour concours. Ces mots ont tout de suite l’air plus savants comme ça non ?
L’épice : Exit la référence à Dune. Ici, elle désigne assez logiquement une prépa économique et commerciale (ECG). Mais si, tu sais, le commerce des épices à l’heure des grandes découvertes, etc. Bref. Par extension, un « épicier » est un élève en CPGE économique et commerciale.
Un facard, fakhârd, faqueux ou fâkheux : Parfois, il faut appeler un chat par un chat. C’est tout simplement un étudiant qui quitte la prépa pour poursuivre ses études à l’université, à la fac quoi.
La fume et le fumier : Le premier désigne une classe de prépa en lien avec la biologie et les sciences de la Terre. Le second sert à nommer une élève de cette dite filière. Il a vocation à intégrer une école d’agronomie ou une école vétérinaire. Ce n’est toujours pas clair ? Fumier, terre… Tu l’as ?
TVA : Très vénérable ancien. Désigne un élève qui n’en est pas à son premier rodéo. Il n’est plus en première année de prépa. Il a peut-être carrément terminé sa prépa.
Le Z : Alors non, ce n’est pas le Z qui se termine en —mour. Ici, c’est le surnom donné au délégué ou responsable de classe.
Une corniche ou khôrniche : Classe prépa dispensée en lycée militaire et qui prépare aux concours d’entrée des Écoles spéciales militaires (ESM), comme Saint-Cyr. Les « cornichons » ou « khôrnichons » sont donc les élèves de ce type de prépa et aspirent à devenir officiers.
Qualifier ses réussites et ses échecs avec classe ou klhâsse
Un grand A : Un grand admissible. Alors là, chapeau ! C’est un élève qui est directement admis dans une école, à l’issue des épreuves écrites du concours, sans passer par les oraux.
Être alpha : Être admissible à une grande école à l’issue du concours. Reste à passer l’étape de l’oral.
Être admissible : Réussir la première étape d’un concours ; c’est-à-dire, les épreuves écrites. Maintenant, direction l’oral !
Un sous-A : Un sous-admissible. On retrouve surtout ce terme dans le cadre des concours aux Écoles normales supérieures (ENS), et plus spécifiquement pour les volets consacrés aux élèves issus de prépa littéraire. Être sous-a, c’est relativement bien avoir réussi son concours de l’ENS, mais être arrivé sous la barre d’admissibilité. Redoubler sa deuxième année de prépa peut alors être judicieux pour retenter le coup.
Il est recommandé d’indiquer son statut de sous-admissible au concours de l’ENS dans ses dossiers de candidatures. C’est une distinction qui peut booster une candidature et multiplier ses chances d’intégrer la prochaine formation de ses rêves.
Se faire bitter : échouer à un examen ou concours. Ça arrive !
TVI : Très vénérable intégré. Ancien élève de prépa qui a intégré une grande école sur concours.
Être satellisé : être complètement largué, à l’ouest, à côté de la plaque…
Les joies de la vie étudiante
Une colle ou khôlle : Interrogations orales individuelles et hebdomadaires, qui comprennent une présentation de la part de l’élève pendant 15 à 30 minutes, ainsi qu’un temps d’échange avec l’enseignant. Elles sont organisées dans toutes les matières et souvent en fin de journée, après les cours. La présentation s’appuie sur une question de cours tirée au hasard le jour même. Dans ce cas, l’élève bénéficie d’un temps de préparation. Ou alors, l’élève a eu son sujet quelques jours avant et doit arriver préparé !
Un colleur, une colleuse : Un professeur extérieur à la classe et qui encadre les colles dans une matière donnée.
Un colloscope ou kholloscope : Emploi du temps des colles pour l’ensemble des disciplines ou seulement une matière, avec les horaires de passages de chaque élève.
Crassusser : Copier sur le voisin ou sécher un cours. Eh oui, tout n’est pas tout beau tout rose. Ça use la prépa !
Le khâl : Avis aux fans de l’univers de Game of Thrones, il ne s’agit pas du chef de guerre dothraki ! Ici, il s’agit d’une épreuve d’un concours d’entrée à une école, voire de l’ensemble du concours.
Le khâlot : C’est un petit peu l’ancêtre du sweat de promo avec le surnom brodé à l’arrière. Avant, les élèves de prépa arboraient fièrement un calot, soit un petit chapeau qui rappelle ceux des militaires. Traditionnellement, ceux des élèves en agro étaient verts, rouges pour les futurs vétérinaires, bleu ciel pour les épiciers, noirs ou bleu foncé pour les scientifiques et marrons pour les littéraires.
Polarder ou bourriner : Travailler et réviser ses cours sans relâche.
Le prothâl : Le proviseur.
Le surgé : Le surveillant général. Le CPE, en gros.
La strâsse : Désigne l’ensemble du personnel pédagogique, en dehors des enseignants, soit l’administration.
Sacquer : Action d’un professeur qui note très sévèrement.
Une thurne ou turne : Une salle de classe, tout simplement. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Le SCEI : Le Service de Concours Écoles d’Ingénieurs. C’est le portail sur lequel les étudiants de prépa scientifique réalisent leur inscription aux concours et peuvent retrouver d’autres informations autour des épreuves.
La BCE : Banque commune d’épreuves. Elle organise les concours communs qui donnent accès au programme Grande École de 18 grandes écoles de commerce et management et 3 écoles associées.
ECRICOME : Concours qui rassemble 5 grandes écoles de commerce.
La BEL : Banque d’épreuves littéraires. Rassemble les épreuves d’admissibilité au concours Lettres (A/L) de l’ENS (Paris), au concours littéraire de l’ENS de Lyon, et au concours « langue étrangère : anglais » de l’ENS de Paris-Saclay. Donne accès aux concours d’entrée de plusieurs autres écoles comme le Celsa, les écoles de la BCE, l’École du Louvre, etc.
Normal Sup : Relatif aux écoles normales supérieures (ENS)