Collège : c’est quoi les "groupes de besoin", qui seront mis en place à la rentrée 2024 ?

En septembre 2024, les élèves de sixième et de cinquième seront répartis dans des "groupes de besoin" pour l’enseignement du français et des maths. Zoom sur ce dispositif critiqué par les acteurs du secondaire qui redoutent un "tri" des collégiens selon leur niveau.
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© Philippe Minisini - Adobe Stock

Quelle que soit la composition du futur gouvernement, le ministère de l’Éducation nationale entend maintenir son cap pour la rentrée. Deux jours après la victoire du Nouveau Front populaire aux élections législatives, qui va rebattre les cartes de l’exécutif, Nicole Belloubet persiste et signe sur les "groupes de besoin".

Ce dispositif sera mis en place en septembre 2024 dans "chaque collège, en sixième et en cinquième, en français et en maths", a assuré la ministre de l’Éducation au micro de France info, ce mardi 9 juillet. Le but : “aider les élèves dans les domaines où ils sont en difficulté”, a précisé la ministre.

Cette mesure, lancée en décembre 2023 par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation, vise à redresser le niveau des élèves français. Elle provoque une levée de boucliers de la part des syndicats et de la gauche, qui dénoncent un “tri” des élèves et appellent à sa suppression. On fait le point.

À quoi servent les groupes de besoin ?

Un arrêté publié mi-mars 2024 au Journal Officiel, suivi d’une note de service de l’Éducation nationale donnent les contours de ces “groupes de besoins”. Ceux-ci ont été décidés après plusieurs mois de négociations entre le gouvernement et les syndicats. Concrètement, ces groupes vont réorganiser l’enseignement des mathématiques et du français en 6e et en 5e, dès la rentrée 2024, et en 4e et 3e à la rentrée suivante.

🔎 "Groupe de niveau" ou "groupe de besoin" : quelles différences ? 

Face à la levée de boucliers des acteurs du secondaire, Nicole Belloubet a revu la copie de son prédécesseur. Contrairement aux “groupes de niveau” envisagés par Gabriel Attal, les "groupes de besoin" proposés par l'actuelle ministre sont :

  • ré-examinés chaque année
  • ne concernent pas la totalité des heures de français et de maths enseignées toute l’année

Comment s’organisent les groupes de besoin ?

Pour constituer les groupes de besoin, les équipes pédagogiques vont analyser les besoins spécifiques de chaque élève, soulignent les textes officiels. "Ces groupes peuvent porter sur différents aspects : l’un des domaines des évaluations nationales, une partie du programme ainsi que des compétences plus transversales, par exemple la capacité à se concentrer, à mémoriser ou à organiser son travail", peut-on lire.

Les élèves "les plus en difficulté" seront placés dans un groupe en "effectifs réduits" d’une quinzaine d’élèves. Les différents groupes ne seront pas figés : leur composition sera réexaminée au cours de l’année scolaire, "afin de tenir compte de la progression et des besoins des élèves". Enfin, ces groupes ne sont pas obligatoires sur toutes les heures de mathématiques et de français : une "classe de référence" pourra réunir tous les élèves jusqu’à 10 semaines par an.

🔎 Exemple d’un groupe de besoin en sixième

"En début d’année de sixième, l’équipe pédagogique qui aura choisi de travailler l’Odyssée d’Homère ajuste les contenus des différents groupes selon le degré de maîtrise en lecture et en compréhension des élèves". L’enseignant pourra ainsi, selon le groupe, prévoir des séances approfondies d’expression orale ou de stratégie de lecture.

Source : BO spécial du MENJ adressé aux enseignants

Pourquoi les syndicats critiquent les groupes de besoin ?

Malgré les évolutions du dispositif ces derniers mois, les groupes de besoins sont loin de faire l’unanimité auprès de la communauté éducative. D’une part, les profs et syndicats dénoncent le manque de moyens matériels et humains pour les déployer dans tous les collèges de France. D’autre part, "il est hors de question, pour tout personnel de l'éducation, de faire avancer les élèves dans des mondes parallèles qui ne se rencontrent pas", a prévenu sur Franceinfo Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa après la prise de parole d’Elisabeth Borne, mardi 9 juillet.

Une crainte de "trier les élèves" selon leur niveau, partagée par d’autres organisations, comme le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire. Ce dernier redoute que la mention “d’effectif réduit” pour les élèves les plus en difficulté n’entérine des "groupes de niveau qui ne disent plus leur nom", lit-on dans les colonnes du Monde. Le risque, selon le Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco) : la "stigmatisation" et la "démotivation" des élèves placés dans les groupes les plus faibles.

Fin avril 2024, deux recours ont été engagés devant le Conseil d’Etat pour faire annuler l’arrêté : un par Unsa-Education, qui a été rejeté sur la forme ; et un autre par 5 parlementaires et 3 professeurs, dont on attend toujours le verdict. Selon eux, cette mesure est "inapplicable sur le terrain : quand on travaille avec une classe, on ne change pas les choses du jour au lendemain", explique un des profs à Public Sénat. Les professionnels de l’éducation redoutent en outre du "bricolage" dans la mise en place de ce dispositif qui remet en cause les principes de mixité sociale et de collège unique, garantis par le Code de l'Éducation.

 

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