Tu aimes la chimie, tu te vois bien en blouse blanche, et l’idée de conseiller des patients au quotidien t’attire ? Ou peut-être que c’est la recherche sur les médicaments qui te fait rêver… Dans tous les cas, les études de pharmacie peuvent mener bien plus loin qu’à l’officine du quartier. Voici le parcours complet pour décrocher ton diplôme d’État de docteur en pharmacie, du bac jusqu’à l’exercice du métier.
PASS ou L.AS : la première marche, et elle est haute
La première étape pour entrer en pharmacie, c’est de passer par le sas d’accès aux études de santé. Depuis 2020 et la suppression de la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé), deux voies coexistent sur Parcoursup : le PASS et la L.AS.
Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) dure un an et est accessible dès la sortie du bac. C’est la voie la plus proche de l’ancienne PACES : la majorité des cours concernent la santé (biologie cellulaire, chimie, biochimie, anatomie, pharmacologie) à laquelle s’ajoute une mineure dans une autre discipline (droit, psycho, STAPS, etc.). Pour intégrer la filière pharmacie, tu dois valider les 60 crédits ECTS de l’année et dépasser les seuils de sélection fixés par chaque faculté.
Attention : le PASS ne peut pas être redoublé, et tu ne peux tenter l’entrée en MMOPK que deux fois au maximum, que tu passes par le PASS ou la L.AS. Si tu valides ton année de PASS, mais que tu ne passes pas la sélection, tu peux poursuivre en LAS 2 dans une mention en lien avec ta mineure et retenter ta chance. Dans le cas où la santé ne dit plus rien, tu peux aussi intégrer une deuxième année de licence classique, dans la discipline de ta mineure de PASS.
Côté PASS, physique-chimie, SVT et maths sont les plus solides pour aborder les contenus scientifiques de l'année. Pour la L.AS, mieux vaut conserver au moins une spécialité scientifique, quelle que soit la mention de licence choisie.
Si tu ne valides pas du tout ton PASS, direction une L1 classique à laquelle tu postules via Parcoursup, dans la discipline de ta mineure ou dans un tout autre domaine. La L.AS de ta mineure (et donc l’autre voie qui te permet de tenter la pharmacie), elle, reste accessible avec un passage en L2 depuis une L1 validée.
D'après les données du ministère de l'Enseignement supérieur (open data Parcoursup 2025), 8 admis sur 10 ont une mention au bac : 34 % avec mention Bien, 26,6 % avec mention Très Bien ou Très Bien avec félicitations, 21,1 % avec mention Assez Bien. Le PASS est quasi-exclusivement ouvert aux bacheliers généraux.
La L.AS (Licence avec option Accès Santé), c’est l’inverse : tu intègres une licence classique ( de droit, STAPS, maths, sciences de la vie…) avec une option santé en parallèle. Tu peux candidater en pharmacie à l’issue de la LAS 1, 2 ou 3, ce qui te donne plusieurs fenêtres de tir. La charge de travail est aussi dense qu’en PASS (ne pense pas que c’est la voie de facilité), mais le plan B est plus solide : si la santé ne passe pas, tu continues dans la discipline de ta majeure, sans bifurcation.
À noter : le gouvernement a officialisé le 17 avril 2026 la fin du PASS et de la L.AS, avec l’ambition de les remplacer dès la rentrée 2027 par une voie unique sur Parcoursup. Cette nouvelle première année s’organiserait en trois blocs : enseignements en santé (~50 % des cours), enseignements disciplinaires (biologie, droit, sciences humaines…) et un bloc transversal. Les étudiants disposeraient de deux tentatives pour intégrer les filières MMOPK, en fin de 1re et en fin de 2e année, avec la possibilité de redoubler. Le nom de cette formation n’est pas encore connu, et plusieurs acteurs du secteur (présidents d’université et doyens de médecine) alertent sur la faisabilité du calendrier annoncé.
Le 1er et le 2e cycle : quatre ans pour poser les bases et choisir sa voie
Une fois admis en 2e année de pharmacie, tu entres dans le 1er cycle : deux ans de formation générale (2e et 3e années) menant au DFGSP (Diplôme de Formation Générale en Sciences Pharmaceutiques). Au programme : biochimie, physiologie, galénique (la science des formes médicamenteuses), infectiologie, et les bases de la chimie pharmaceutique.
Le 2e cycle (4e et 5e années) est le moment où les chemins commencent à se dessiner. Dès le 2e semestre de la 4e année, tu choisis une orientation : officine, industrie-recherche, ou internat.
La 5e année, dite « hospitalo-universitaire », est organisée différemment selon la filière. En officine, le stage hospitalier se fait à mi-temps tout au long de l’année, en alternance avec des cours spécialisés. En industrie, le stage hospitalier se concentre sur un semestre à temps plein, suivi d’un stage en entreprise ou en laboratoire. En internat, le 1er semestre est consacré à la préparation du concours national (qui a lieu en décembre), et les stages hospitaliers débutent au 2e semestre pour les étudiants reçus.
Tout au long de ces quatre ans, la pratique s’installe progressivement. En 2e année, tu effectues un stage d’initiation en officine de 4 semaines, obligatoire dans toutes les facultés avant d’entrer en 3e année. En 3e et 4e année viennent s’ajouter deux stages d’application d’au moins 2 semaines chacun, réalisables en officine ou à l’hôpital. À tout moment du cursus, tu peux également faire un stage de découverte optionnel dans n’importe quel organisme en lien avec la santé, sans durée minimale imposée.
La 6e année : cap sur le DES, avec du nouveau pour 2026
La 6e année marque l’entrée dans le 3e cycle. Et à partir de la rentrée 2026, elle change de visage : les deux filières du cycle court (officine et industrie) sont désormais sanctionnées par un Diplôme d’Études Spécialisées (DES), ce qui leur confère une reconnaissance institutionnelle équivalente aux autres parcours de santé.
Pour la filière officine, le nouveau DES officine prévoit deux stages professionnalisants de six mois chacun, dans deux officines différentes, couplés à des enseignements théoriques. La gratification de stage est doublée par rapport à l’ancien système. Les Agences régionales de santé (ARS) jouent un rôle central dans l’agrément et la répartition des terrains de stage, avec un objectif explicite : lutter contre les déserts pharmaceutiques.
Et pour la filière industrie et recherche ? Le DES industrie-recherche comprend un stage de six mois en établissement pharmaceutique, laboratoire de recherche ou industrie. La validation d’un master 2 (souvent en qualité, management ou affaires réglementaires) ou d’un diplôme d’ingénieur en parallèle est fortement recommandée.
Dans les deux cas, tu termines par la soutenance d’une thèse d’exercice pour obtenir ton Diplôme d’État de docteur en pharmacie. L’inscription à l’Ordre national des pharmaciens est ensuite obligatoire pour exercer.
L’internat : la voie longue pour les plus spécialisés
Si tu vises la pharmacie hospitalière, la biologie médicale ou la recherche pharmaceutique de haut niveau, l’internat est une autre option. Elle est plus longue, plus sélective, mais aussi plus rémunérée. Il s’agit d’un 3e cycle long, accessible sur concours après la 5e année.
En officine, un adjoint débutant perçoit entre 2 700 et 3 200 € brut par mois (Convention Collective Nationale). Avec de l'expérience, la fourchette monte à 3 500–5 000 € brut (Hellowork). Un titulaire propriétaire de son officine peut dépasser largement ces montants, selon le chiffre d'affaires de sa pharmacie. Dans l'industrie, les salaires démarrent plus haut et progressent vite sur des postes à responsabilités.
La formation dure quatre ans, soit neuf ans au total après le bac. Elle alterne huit semestres de stages hospitaliers et des enseignements universitaires spécialisés. L’internat en pharmacie mène aux Diplômes d’Études Spécialisées en biologie médicale, en pharmacie hospitalière et pratique et en innovation pharmaceutique et recherche, entre autres. La formation est rémunérée dès l’entrée en internat.
La voie passerelle : entrer en pharmacie sans le PASS
Le parcours PASS ou L.AS n’est pas la seule porte d’entrée. Une voie passerelle permet d’accéder directement en 2e ou 3e année de pharmacie, sur dossier et entretien devant un jury, indépendamment des concours PASS/L.AS.
Les profils éligibles sont variés : titulaires d’un master, d’un doctorat, d’un diplôme d’ingénieur, d’un DE de professionnel de santé (médecin, sage-femme, vétérinaire…), mais aussi, spécifiquement pour la pharmacie, les titulaires du BP de préparateur en pharmacie, d’un DEUST préparateur/technicien en pharmacie, ou d’une licence en chimie, physique-chimie, sciences de la vie ou sciences pour la santé, ou encore d’un BUT génie biologique ou chimie (arrêté du 24 mars 2017 modifié par l’arrêté du 18 février 2025).
Chaque université organise ses propres épreuves de recrutement. Le dossier est à déposer avant le 15 mars de l’année considérée. Un candidat ne peut bénéficier de cette procédure que deux fois au maximum.






