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Orientation : les 5 erreurs que tout le monde fait et les conseils d’experts pour les éviter

Choisir sa voie après le bac, c’est un peu comme naviguer sans GPS : stressant, flou et plein de faux raccourcis. Résultat ? Beaucoup d’étudiants se retrouvent dans une filière qui ne leur correspond pas. On t’aide à éviter les pièges les plus courants !
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Savais-tu qu’en 2025, plus de 150 000 étudiants en réorientation ont formulé des vœux sur Parcoursup ? S’ils sont si nombreux, c’est souvent parce que le premier choix n’est pas le bon. Et ce n’est pas parce qu’ils ont été mauvais : c’est surtout parce qu’ils n’ont pas pris en compte plusieurs éléments importants avant de saisir leurs vœux sur Parcoursup ou Mon Master.

La bonne nouvelle ? Les erreurs que tout le monde fait au moment de s’orienter sont totalement évitables. Que tu sois en seconde, en terminale ou déjà dans le supérieur, on te dévoile les cinq pièges classiques de l’orientation et les conseils de professionnels du secteur pour ne pas tomber dedans !

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1. Choisir une filière pour faire plaisir aux autres

« Mon père veut que je fasse médecine », « Ma mère rêve que j’intègre une école de commerce », « Mon prof m’a dit que la fac, ce n’était pas pour moi »… C’est certain : tu as déjà entendu ce genre de phrases au cours de ta scolarité. Malheureusement, c’est l’une des erreurs les plus fréquentes en matière d’orientation : laisser les autres décider à ta place.

Si tes parents veulent ton bien et que tu trouves un emploi assez bien rémunéré plus tard, c’est tout à fait normal. Mais, ce sont tes études, ton quotidien et ta carrière. Si tu t’inscris en prépa scientifique juste pour rassurer ta famille alors que tu rêves de devenir make-up artist, il y a de fortes chances que tu décroches au bout de quelques mois.

Tu es sûr de vouloir prendre cette trajectoire ? N’emprunte pas celle qu’on aurait voulue pour toi. Et si tu as des doutes, tu peux toujours prendre le temps de la réflexion de ton côté. « Pour que les lycéens se projettent, ils doivent identifier leurs centres d’intérêt, réfléchir à ce qui les motive au quotidien et tester des domaines via des stages ou des immersions », conseille Sophie Hardy, directrice de la communication et des admissions à ESIEE-IT.

💡 Bon à savoir

Tes parents ne connaissent pas forcément toutes les filières qui existent aujourd’hui. Le paysage de l’enseignement supérieur a énormément évolué : entre les bachelors, les BUT, les doubles licences ou les formations en alternance, les options sont très larges. Fais-leur découvrir ce qui t’intéresse et, si besoin, prends contact avec un conseiller d’orientation dans un CIO près de chez toi !

Et attention aux idées reçues qui peuvent aussi fausser ta réflexion : « Beaucoup de lycéens s’appuient encore sur des idées reçues telles que ‘le commerce, c’est pour les extravertis’ ou ‘il faut être excellent en maths’. Ces croyances écartent des profils très intéressants qui auraient pourtant toute leur place dans des formations en management, par exemple », rassure Zorie Theron, responsable pédagogique du BIBA de MBS School of Business.

2. Ne pas se renseigner sur la formation visée

Il ne faut pas se fier uniquement au nom d’un diplôme pour faire son choix. La licence de psychologie t’attire ? Le BUT carrières juridiques te fait de l’œil ? Le PGE d’une école de commerce te donne envie d’aller plus loin ? Avant de te lancer à l’aveugle, regarde de près le programme pour être certain que son contenu te convient à toi et à ton projet professionnel.

Cyril Blondet-Vargas, directeur des programmes de l’EMLV, conseille de se poser les bonnes questions : « L’une des erreurs classiques est de choisir une formation uniquement par son contenu en négligeant son contenant. Comment sont dispensées les formations ? Quels sont les formats pédagogiques et les stratégies autour du suivi des étudiants ? Autant de questions qui, si elles ne sont pas posées en amont, peuvent créer un effet déceptif a posteriori. »

Ne pas se renseigner sur le contenu du cursus peut mener à une incompréhension du diplôme. Tu penses devenir community manager après un BUT réseaux et télécommunications ? Loin de là ! « Beaucoup de jeunes confondent un intitulé de diplôme avec un projet professionnel. Il faut éviter de choisir sa formation par défaut, par pression de Parcoursup, par effet de mode ou sans réelle connaissance des métiers », préconise Magali Guiramand, directrice de la communication à l’ISCOM.

Et au-delà du contenu, pense aussi à vérifier la reconnaissance du diplôme et la réputation réelle de l’établissement. « Capacité à délivrer un diplôme visé, stabilité des accréditations, valeur réelle du titre sur le marché du travail : certaines écoles séduisent par des messages attractifs, mais leurs diplômes n’offrent pas toujours les mêmes garanties en matière d’insertion professionnelle », explique Zorie Theron, responsable pédagogique du BIBA de MBS School of Business.

💡 Le conseil malin 

Avant de valider un vœu sur Parcoursup, prends le temps de creuser le contenu réel de la formation. Consulte la fiche détaillée sur la plateforme, les matières, le volume horaire et les modalités d’évaluation. Rends-toi aussi aux JPO : tu peux visiter les locaux, échanger avec des étudiants et des profs, poser toutes tes questions… Comme le rappelle Zorie Theron, « multiplier les sources d’information reste le moyen le plus fiable de comprendre l’ADN d’un programme. »

3. Se spécialiser trop tôt (et se fermer des portes)

« Tu veux faire quoi dans la vie ? » : voilà la question qu’on te pose à chaque repas de famille depuis tout petit, comme si tu devais absolument connaître ta vocation à 14 ans. Si tu n’as pas de réponse précise, ne t’inquiète pas : c’est le cas de nombreux lycéens et c’est tout à fait normal !

Le vrai danger ici, ce n’est pas de ne pas savoir ce que tu veux faire plus tard. C’est de vouloir trancher trop vite et de s’enfermer dans un cursus trop spécialisé avant même d’avoir eu le temps d’explorer. « Beaucoup de jeunes s’engagent dans des parcours très ciblés avant même d’avoir pris le temps d’explorer plusieurs domaines », avoue Zorie Theron. « Les métiers évoluent très vite, certains disparaissent, d’autres apparaissent : le futur métier de nombreux étudiants n’existe peut-être pas encore au moment où ils commencent leurs études. Il est donc essentiel de rester adaptable et prêt à réajuster son parcours », renchérit la responsable pédagogique.

Plutôt que de foncer dans un cursus très ciblé, pense aux formations qui te permettent d’explorer avant de te spécialiser. Par exemple, les premières années de licence sont souvent généralistes, les BUT te font découvrir un secteur large avant de te spécialiser en troisième année et certains bachelors proposent un tronc commun pluridisciplinaire.

Tu peux aussi raisonner par domaines d’intérêt plutôt que par métier précis. Tu aimes les langues et le contact humain ? Le commerce international, le tourisme ou la traduction pourraient te plaire. Tu es à l’aise avec les chiffres ? La data, la finance ou les maths appliquées sont des pistes à creuser !

4. Ignorer les débouchés et la réalité du marché du travail

S’il faut écouter ses envies, il faut aussi garder un œil sur la réalité. S’orienter en ignorant totalement les débouchés d’une formation, c’est un peu se jeter dans la gueule du loup. Tu veux devenir acteur ? Il te sera difficile de percer (même si ce n’est pas impossible). Tu aimerais devenir journaliste ? Sache que le marché est saturé. Bref, tu dois absolument te renseigner sur ton insertion professionnelle avant d’entamer ton parcours académique !

Sophie Hardy, directrice de la communication et des admissions à ESIEE-IT, a plusieurs conseils pour toi : « Pour construire une orientation cohérente, il est essentiel de prendre du recul, d’explorer plusieurs pistes et de confronter ses envies à la réalité du terrain : les études suggérées par ce poste sont-elles faites pour moi ? Ce marché recrute-t-il ? Quels sont les salaires proposés ? Les jeunes ont tout intérêt à rencontrer des professionnels et à se renseigner sur les salons pour comparer les programmes de manière objective. »

Attention, le fait qu’il y ait peu de débouchés dans le secteur que tu vises n’est pas une raison pour écarter totalement un domaine qui te passionne ! Toutefois, il s’agit d’une info à avoir en tête au moment de faire ton choix. Pour ce faire, renseigne-toi sur le taux d’insertion professionnelle de la formation, les métiers accessibles à la sortie et le niveau d’études généralement attendu par les recruteurs.

5. Négliger les aspects pratiques

Le contenu de la formation, les débouchés, le prestige de l’école : tout ça, tu y as pensé, et c’est parfait ! Mais, as-tu réfléchi au coût de la vie étudiante, au logement, aux transports ou au rythme de la formation ? Ces détails peuvent faire toute la différence entre un étudiant épanoui et un étudiant à bout de souffle.

Imagine : tu intègres l’école de tes rêves, mais elle se trouve à l’autre bout de la France, le loyer est hors budget et tu dois cumuler 20 heures de job étudiant par semaine pour joindre les deux bouts. Résultat : tu es fatigué, stressé et tes notes sont en chute libre.

Pour éviter que cela n’arrive, vérifie plusieurs choses : combien coûte un logement dans la ville visée ? Y a-t-il des bourses ou des aides financières disponibles ? La formation est-elle accessible en alternance, ce qui te permettrait d’être rémunéré pendant tes études ? Y a-t-il des transports pour te rendre à la fac ou dois-tu être véhiculé ? Bref, tout ça joue sur ton choix d’orientation, et pas qu’un peu ! Alors ne fais pas l’impasse sur ces détails qui feront partie de ton quotidien.

Dernier conseil : ne néglige en aucun cas les procédures Parcoursup et Mon Master. Tous les éléments qui te sont demandés (lettres de motivation, lettres de recommandation, Activités et centres d’intérêt, Éléments liés à ma scolarité) servent à en savoir un peu plus sur toi, au-delà de tes notes qui veulent tout et rien dire.

📋 Les 3 questions qui changent tout

Selon David Jung, délégué académique à l’EBI, trois questions peuvent te permettre de construire une orientation cohérente :

  • Quels sont mes centres d’intérêt réels et ce qui me motive profondément ?
  • Dans quels domaines ai-je des compétences solides ou un potentiel à développer ?
  • Quelles sont les opportunités professionnelles et les perspectives d’avenir offertes par cette orientation ?

Tu t’es déjà trompé ? Ce n’est pas un drame ni un échec. C’est même une façon pour toi de repartir sur de bonnes bases, avec plus de connaissances cette fois et une plus grande maturité. « L’orientation ne doit jamais être perçue comme un choix définitif. Une formation est un espace d’exploration : l’important est de rejoindre une école qui accompagne, qui permet de tester, d’expérimenter et d’affiner progressivement son projet », conclut Zorie Theron, responsable pédagogique du BIBA de MBS School of Business.

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