Tu passes tes soirées à rafraîchir les fils d’actu, tu décortiques les podcasts comme si tu menais une enquête et tu rêves de poser la question qui fait mouche en conférence de presse ? Le journalisme, c’est clairement ton truc. Et la bonne nouvelle, c’est que plusieurs chemins y mènent : de 3 à 5 ans d’études après le bac selon la voie que tu choisis.
École reconnue par la profession, université, école privée, IEP : les trajectoires sont multiples, mais toutes demandent de la curiosité, une plume qui se différencie et un esprit critique à toute épreuve. Prêt à dégainer ton carnet de notes ? On t’explique tout !
À l’université ou en école privée, choisis ta trajectoire
Tu peux en être sûr : il n’existe pas qu’une seule façon de mettre les pieds dans le journalisme. Tu peux y accéder par la fac, par une école privée ou même via Sciences Po.
Vise une école reconnue par la profession
C’est le graal pour beaucoup d’aspirants journalistes. En France, 16 formations sont reconnues par la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes). Cela signifie que la profession elle-même valide le contenu pédagogique de la formation et que tu auras plus de facilités à trouver en emploi au sein d’un média reconnu.
Ces 16 cursus se répartissent en trois grandes familles :
- les IUT de Lannion et de Cannes, qui proposent le BUT information-communication parcours journalisme : c’est la seule voie reconnue accessible directement après le bac, via Parcoursup.
- les masters universitaires délivrés par des facs comme le CELSA (Sorbonne Université), le CUEJ (Strasbourg), l’EJCAM (Aix-Marseille), l’IJBA (Bordeaux), l’EPJT (Tours) ou encore CY Cergy.
- les trois écoles privées reconnues : le CFJ à Paris, l’ESJ à Lille et l’EJT à Toulouse, qui délivrent des diplômes d’école équivalents à un bac+5.
L’accès ? Un concours, généralement ouvert à bac+2 ou bac+3. Attention, le concours est sélectif, donc il va falloir te préparer si tu souhaites intégrer une de ces formations visées ! Tu peux, par exemple, avoir recours à des annales, suivre des programmes d"information à la radio et à la télé, diversifier tes lectures et surtout travailler ta rédaction, ainsi que ta prise de parole.
Les écoles privées non reconnues : une option, sous conditions
À côté des 16 établissements reconnus par la profession, il existe des dizaines d’écoles privées qui forment aussi au journalisme : ISCPA, IEJ, EFJ, ESJ, ISFJ… La plupart proposent des bachelors en 3 à 4 ans accessibles dès le bac, avec la possibilité de poursuivre en mastère (bac+5) pour se spécialiser dans le journalisme sportif, le data journalisme ou le journalisme de mode, par exemple.
En France, près de 35 000 journalistes détenaient la carte de presse en 2025 (CCIJP). D’ailleurs, selon l’Observatoire des métiers de la presse, plus de la moitié d’entre eux ne passeraient pas par une école reconnue par la profession !
L’avantage ? Tu entres dans le vif du sujet dès la première année, avec beaucoup de pratique et de projets concrets. Mais attention : « non reconnue » ne veut pas dire mauvaise. Cela signifie simplement que la CPNEJ n’a pas labellisé le cursus. Pour faire le tri, vérifie que le diplôme est bien inscrit au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). Et surtout, mise à fond sur les stages et l’alternance : c’est ton ticket d’entrée dans les rédactions, quel que soit le nom de ton école !
Passe par la case fac
Pas d’école en vue ? La fac reste un excellent tremplin. Il n’existe pas de licence « journalisme » à proprement parler, mais tu peux choisir une licence en histoire, en science politique, en lettres, en information-communication, en LEA, en droit, en économie ou encore en LLCER. L’objectif : te forger une culture générale solide et développer ta curiosité.
Au lycée, certaines spécialités de terminale te donnent une longueur d’avance : HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques), HLP (humanités, littérature et philosophie), SES ou LLCER. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est un vrai plus pour les dossiers Parcoursup et pour préparer les concours.
Une fois ta licence en poche, tu as plusieurs options :
- tu peux tenter les concours des écoles reconnues ou privées non reconnues
- tu peux poursuivre directement en master journalisme à l’université
- tu peux bifurquer en licence pro mention métiers de l’information : métiers du journalisme et de la presse
| Parcours | Durée | Accès | Diplôme | Niveau |
|---|---|---|---|---|
| BUT info-com parcours journalisme | 3 ans | Post-bac (Parcoursup) | BUT | Bac+3 |
| Licence pro métiers du journalisme et de la presse | 1 an | Après bac+2 | Licence pro | Bac+3 |
| Bachelor journalisme (école privée) | 3-4 ans | Post-bac | Bachelor | Bac+3/4 |
| Mastère journalisme (école privée) | 1-2 ans après bac+3 | Dossier/concours | Mastère | Bac+5 |
| Licence + master journalisme (université) | 5 ans | Post-bac puis sélection en M1 | Master | Bac+5 |
| École de journalisme reconnue (CPNEJ) | 2-3 ans après bac+3 | Concours | Diplôme d’école/Master | Bac+5 |
| IEP + spécialisation journalisme | 5 ans | Post-bac ou bac+3 | Diplôme IEP | Bac+5 |
Tu l’auras compris : un bac+5 reste la norme pour décrocher un poste dans les grandes rédactions, mais un bac+3 est essentiel pour commencer et peut aussi te permettre de te faire une place dans le monde journalistique !
Bifurquer vers le journalisme après un autre parcours
Tu as déjà un bac+3 en langues, en droit ou en sciences et tu te découvres une passion pour l’info ? Le journalisme est l’un des rares métiers où aucun diplôme spécifique n’est légalement obligatoire. La carte de presse s’obtient en justifiant d’une activité journalistique régulière et rémunérée, pas en présentant un diplôme précis.
Concrètement, si tu as une licence LEA ou LLCER par exemple, tu as déjà le niveau requis pour tenter les concours des écoles reconnues. Ta double compétence linguistique est même un atout que beaucoup de rédactions recherchent. Tu peux aussi t’orienter vers un mastère en école privée ou te lancer directement via des piges et des stages.
Côté budget : combien ça coûte de devenir journaliste ?
La facture dépend beaucoup du parcours choisi. À l’université, les frais d’inscription sont ceux de n’importe quel cursus public : entre 178 et 254 € par an selon le cycle. Si tu es boursier, c’est gratuit.
En école privée reconnue, compte entre 3 000 et 8 000 € par an. Des réductions existent pour les boursiers et l’alternance, possible en 2e année dans certaines écoles, dispense totalement les frais de scolarité. En école privée non reconnue, les tarifs grimpent : entre 4 000 et 9 000 € par an pour un bachelor ou un mastère.
Pour alléger la note, pense aux bourses Crous, aux aides régionales et aux prépas gratuites pour boursiers (classe préparatoire égalité des chances). L’alternance reste aussi le meilleur plan pour te former sans te ruiner : tu es rémunéré et tes frais de scolarité sont pris en charge par l’employeur. De quoi te lancer sans exploser ton budget !






