SESAME, ACCÈS, ECRICOME… Tu connais les annales par cœur et pourtant, tu te demandes encore ce que les jurys attendent vraiment de toi.
Pour t’aider à acquérir les bonnes méthodes et assurer lors des épreuves, mais aussi pour connaître tous les faux pas qui peuvent te pénaliser le jour J, Mathilde Brouillet, directrice des admissions à Paris School of Business (PSB), et Iliya Komarev, directeur du Programme Grande École de Montpellier Business School, te livrent leurs meilleurs conseils !
1. Prépare-toi à l’avance et gère bien ton temps le jour J
Premier réflexe quand on prépare un concours d’entrée en école de commerce : foncer tête baissée dans les révisions. Sauf que les épreuves écrites des concours post-bac (QCM de logique, synthèse, langues), c’est avant tout une question de méthode et de gestion du temps.
Les deux écoles de commerce sont unanimes : il faut commencer à se préparer tôt. Mathilde Brouillet, directrice des admissions à PSB, rappelle que « prepaSESAME ouvre des modules de préparation dès le mois d’octobre. » De son côté, Iliya Komarev, directeur du PGE de MBS, insiste sur le fait de s’entraîner de façon répétée, « en conditions réelles pour maîtriser le format. » Pour ce faire, tu peux avoir recours aux annales. Les oraux blancs et les ateliers de préparation proposés par les écoles sont aussi indispensables pour une bonne préparation.
Mathilde Brouillet conseille de « suivre l’actualité et de travailler sa culture générale ». Dans les concours d’écoles de commerce, on attend de toi une ouverture sur le monde, pas juste des compétences techniques. Podcasts, journaux, réseaux sociaux, débats entre amis : diversifie tes sources d’information !
Concernant le jour J, la directrice des admissions à PSB est très claire sur un point : « Il faut bien lire les énoncés, prioriser les questions, éventuellement celles qui valent le plus de points, et ne pas s’attarder sur les questions pour lesquelles on n’a pas la réponse. » En gros, il faut être tactique pendant les épreuves et procéder par élimination pour ne pas perdre de temps.
Mais attention à ne pas confondre vitesse et précipitation. Iliya Komarev ajoute une dimension qu’on oublie souvent pour les épreuves de la banque ECRICOME : « Une copie lisible et structurée vaut souvent autant que la profondeur du contenu. » Autrement dit, la forme compte. Un plan clair, une écriture soignée ou une intro et une conclusion non négligées peuvent faire basculer ta note. Le directeur du PGE de MBS recommande aussi de « répartir intelligemment analyse, rédaction et relecture » en se fixant des repères de temps à l’avance.
2. Reste toi-même pour l’oral
L’oral d’école de commerce, ce n’est pas comme les oraux que tu as pu connaître au bac. C’est en réalité un entretien de personnalité. Et attention, la nuance est énorme. Ici, ce que les jurys attendent, ce n’est pas un discours appris par cœur : ils veulent te découvrir toi. « Nous attendons une personnalité qui se distingue, un parcours et un projet cohérent avec les valeurs de l’école », précise la directrice des admissions à PSB. Les deux écoles de commerce attendent principalement une présentation authentique. « L’oral est avant tout un entretien de personnalité qui permet de valider les valeurs et compétences transversales qui vont assurer la bonne intégration dans l’école », détaille Iliya Komarev.
Authenticité : voilà le mot qui revient tout le temps. Selon Mathilde Brouillet, « les candidats ont tendance à réciter une présentation toute faite et à ne pas être naturels. » Pourtant, « les membres du jury apprécient les candidats authentiques et spontanés », garantit la directrice des admissions à PSB. Chez MBS, même constat : « Une présentation trop figée et des développements trop détaillés sur le projet professionnel » peuvent être contre-productifs.
Qu’est-ce que tu dois faire au juste ? Préparer ta présentation, bien sûr, mais pas par cœur, mot pour mot. Tu connais tes grandes lignes, tes anecdotes clés et tu laisses de la place pour la spontanéité ! Le jury ne veut pas un robot : il veut te découvrir, comprendre tes passions et analyser ta façon de réfléchir.
3. Présente un projet cohérent, pas défini
C’est la question qui stresse le plus de candidats : « Où te vois-tu dans 10 ans ? » Si tu n’as pas de réponse toute prête, pas de panique. Les responsables d’admission en ont conscience : à 17-18 ans, rares sont ceux qui ont un plan de carrière gravé dans le marbre.
Pour Mathilde Brouillet, « le projet professionnel se construit généralement au fur et à mesure des années en école. » Et le directeur du PGE de MBS ne dira pas le contraire : « L’oral de MBS reste un entretien de personnalité, plutôt que de motivation. » Autrement dit, on ne te demande pas de savoir si tu seras directeur marketing ou trader dans dix ans.
Ce qui compte, en revanche, c’est d’avoir une cohérence. Pourquoi le commerce ? Pourquoi cette école en particulier ? Qu’est-ce qui, dans ton parcours ou tes centres d’intérêt, t’a amené jusqu’ici ? Si tu arrives à répondre à ça avec sincérité, tu as déjà fait 80 % du boulot.
Et c’est là que les activités extrascolaires entrent en jeu. La directrice des admissions à PSB insiste : « C’est souvent sur ces activités que les candidats se différencient, car elles montrent des traits de leur personnalité qui ne se voient pas dans le dossier scolaire. » Attention, celles que tu mentionnes ne doivent pas être choisies au hasard. « Les activités comptent dès lors qu’elles illustrent un engagement ou une compétence. Bien expliquées, elles apportent un éclairage précieux sur la personnalité du candidat », ajoute Iliya Komarev. Bref, un engagement dans une asso, un job d’été, un projet entrepreneurial : tout ça vaut de l’or !
4. Évite les erreurs qui reviennent trop souvent à l’oral
Tu ne veux pas tomber dans les pièges classiques des oraux des concours ? Pour que tu aies une petite longueur d’avance, les business schools te dévoilent leurs astuces :
- Erreur n° 1 : faire une présentation robotique. Tu le sais déjà, mais une piqûre de rappel ne fait pas de mal : réciter un texte appris par cœur, c’est un no go pour les écoles de commerce. Retiens une chose : tu dois rester naturel !
- Erreur n° 2 : le manque de respect ou la nonchalance. Ça semble évident, mais mieux vaut prévenir que guérir. « Une attitude irrespectueuse envers les membres du jury » ou « une attitude nonchalante qui montre que le candidat ne prend pas l’épreuve au sérieux » sont des comportements rédhibitoires pour les écoles de commerce.
- Erreur n° 3 : manquer d’exemples concrets. Le directeur du PGE de MBS pointe un travers fréquent : « Certains étudiants manquent d’exemples concrets pour étayer leur propos et révéler leur personnalité. » Dire « je suis curieux et ouvert d’esprit », tout le monde le fait. Raconter comment tu as organisé une collecte de fonds pour ton club ou géré un conflit dans ton équipe de hand, c’est autre chose.
5. Viens au concours la tête reposée
Tu as bossé pendant des semaines, tu connais le format des épreuves et tu as préparé ton oral. Il reste un dernier ingrédient : arriver en forme et en confiance le jour J ! Et ça, ça se joue dès la veille. « Les révisions à la dernière minute ne sont pas une bonne idée », prévient Mathilde Brouillet. « L’objectif est d’être reposé le jour du concours et d’être dans les meilleures conditions pour l’aborder », ajoute-t-elle. Tu ne te sens pas prêt et comptes tout donner la veille au soir ? Mauvaise idée : « Mieux vaut préserver sa lucidité que tenter de combler en quelques heures ce qui ne l’a pas été avant », assure Iliya Komarev.
Et le jour même ? Il existe aussi des méthodes pour mieux appréhender cette étape ! « Se mettre dans les meilleures conditions, c’est s’installer au bureau 15 minutes avant le début de l’épreuve », conseille la directrice des admissions de PSB. Ces 15 minutes te permettent de poser tes affaires, de souffler et de te mettre dans le bon état d’esprit, plutôt que d’arriver en courant avec le stress à son maximum !
Et pour le trac à l’oral ? Une seule recette : l’entraînement. Mathilde Brouillet suggère de « s’entraîner devant un miroir, ou avec un proche ou un ami, pour corriger les tics de langage qui sont souvent dus au stress. »
Enfin, si une épreuve se passe mal, ne lâche rien, car chaque école applique des coefficients différents aux épreuves. « Une épreuve réussie peut tout à fait rattraper une épreuve qui s’est mal passée », garantit la directrice des admissions de PSB. Tu as envie de baisser les bras ? N’y pense pas ! « Il faut accepter l’échec, en tirer une leçon rapide puis se remettre immédiatement dans la dynamique suivante », conclut Iliya Komarev.






