Les épreuves approchent, les annales s’empilent sur ton bureau et tu sens la pression monter d’un cran chaque jour. Respire, tu n’es pas le seul dans cette situation, et surtout, tu n’es pas démuni.
Puissance Alpha, Avenir, Geipi Polytech, Advance… Quel que soit le concours que tu vises, les épreuves ne sont pas insurmontables, mais elles demandent de la préparation et un peu de stratégie. Pour t’aider, Diplomeo est allé directement à la source : Valérie Lion et Delphine Heutte (EBI), Florence Albaut (AgroParisTech) et Odile Duvalet (3iL Ingénieurs) te livrent les clés pour aborder sereinement tes épreuves !
1. Anticipe ta préparation
On ne va pas te mentir : un concours d’école d’ingénieurs, ça ne se prépare pas le dimanche soir pour le lundi matin. Le secret ? La régularité ! Comme le résume Odile Duvalet, responsable des admissions de 3iL Ingénieurs, pour le concours ingénieurs bac+5 de Puissance Alpha : « Les exercices du concours s’appuient sur les programmes de maths et de spécialités de chaque filière. La préparation se fait tout au long de l’année. »
Tu comprends donc l’importance d’avoir un rythme régulier : tu travailles tes cours de terminale au fur et à mesure, et tu complètes avec les annales disponibles sur les espaces candidats des concours. Valérie Lion, référente concours et professeure de chimie, et Delphine Heutte, responsable des admissions à l’EBI, recommandent aussi de « participer aux journées de préparation des écoles » et de jeter un œil aux « applications de révisions et aux lives » proposés par les concours. Bref, les ressources gratuites ne manquent pas : à toi de les exploiter !
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Mais avant même de penser aux révisions, il y a un préalable que beaucoup de candidats négligent. Florence Albaut, adjointe à la cheffe du Service des Concours Agronomiques et Vétérinaires (SCAV) d’AgroParisTech, prévient : « Le conseil n° 1 est avant tout d’être bien inscrit ! » Panne informatique, absence de pièces justificatives, paiement des frais d’inscription… « Chaque année, des candidats sont exclus pour des raisons administratives », informe Florence Albaut.
2. Le jour des écrits : adopte une vraie stratégie
Le jour J, tout est question de méthode. Valérie Lion et Delphine Heutte de l’EBI conseillent de commencer par 10 minutes de lecture complète du sujet, puis de diviser le temps restant par le nombre d’exercices pour estimer un timing par exercice. Le premier réflexe à prendre selon elles ? « Classer les exercices par difficulté et commencer par celui que l’on sait bien traiter. » En gros, tu ne suis pas l’ordre du sujet : tu attaques l’examen par tes points forts pour ne pas perdre de temps !
- Lis le sujet en entier avant de commencer
- Classe les exercices du plus facile au plus difficile
- Surveille ta montre pour ne pas être pris de court en fin d’épreuve
- Surligne au stabilo les mots-clés dans l’énoncé
- Isole-toi du bruit extérieur avec des bouchons d’oreilles
Odile Duvalet, de 3iL, confirme : « Il faut lire le sujet dans son ensemble pour cibler les questions pour lesquelles la réponse semble la plus facile, répondre à ces questions en premier et ensuite avancer dans la difficulté. » L’idée, c’est de sécuriser un maximum de points avant de t’aventurer sur les questions plus corsées.
Côté pièges à éviter ? Les deux écoles d’ingénieurs sont unanimes : ne pas lire les consignes, se précipiter ou oublier de mettre son nom (oui, ça arrive) peut vraiment jouer en défaveur du candidat.
3. Prépare ton oral comme un vrai entretien
L’oral, c’est souvent le moment qui fait le plus stresser. Pourtant, le but de cette épreuve n’est pas de te coincer, mais plutôt de faire naître une conversation entre le jury et toi. Mais attention, une conversation qui se prépare. Et sur ce point, les responsables des admissions sont assez d’accord : ce qu’ils veulent voir, c’est que tu ne viens pas les mains dans les poches.
« Savoir se présenter, avoir réfléchi à son projet d’études et connaître les métiers et débouchés de l’école sont des prérequis pour les oraux », témoignent les intervenantes de l’EBI. Odile Duvalet, de 3iL, va dans le même sens : « Il faut connaître un minimum l’école pour laquelle on candidate, il suffit de regarder son site internet et de noter ses particularités. »
Autrement dit, tu ne peux pas arriver à un entretien sans t’être renseigné sur l’école, ses programmes, son histoire et ses valeurs. Et recueillir quelques infos essentielles sur les établissements que tu souhaites intégrer ne devrait pas te prendre beaucoup de temps : parcours le site de l’école et repère les spécialisations qui t’intéressent, les projets étudiants ou encore les partenariats entreprises. Ces éléments te donneront de la matière pour enrichir la discussion !
Comment bien préparer l’oral d’entrée en école d’ingénieurs ?
Et le fameux projet professionnel, doit-il être en béton au moment de l’oral ? Pas forcément ! « Ce n’est pas du tout obligatoire », rassure la responsable des admissions de 3iL. « Les élèves en terminale ont parfois du mal à se projeter, ils sont jeunes », renchérit-elle. Si avoir un projet déjà bien défini peut être un plus pour toi en entretien, l’idée reste tout de même d’avoir une direction qui peut être amenée à évoluer avec le temps.
Dernier point : les erreurs qui reviennent tout le temps. Si tu veux réussir ton oral et te démarquer auprès du jury, il y a des choses à bannir. À l’EBI, la référente concours et la responsable des admissions citent « le manque de préparation, la nonchalance, le retard et un projet trop général ». Pour Odile Duvalet, un entretien peut être raté si tu n’y mets pas du tien : « Il faut argumenter, ne surtout pas répondre aux questions par oui ou par non et il faut regarder ses interlocuteurs. » Bref, montre que tu es présent et impliqué. Un sourire et un peu d’énergie peuvent tout changer !
Les activités extrascolaires comptent vraiment ! Comme le souligne Odile Duvalet : « Un jeune qui bouge et qui s’investit continuera de le faire pendant ses études supérieures. » Sport, asso, bénévolat, projets personnels : n’hésite pas à mettre tout ça en avant pour donner une plus-value à ton profil !
4. Gère bien ton stress
Tu es déjà stressé, alors imagine le jour J ! Mais ce stress est normal et tout le monde le ressent avant un concours. Le tout est d’arriver à le gérer ! Et pour ça, il existe deux leviers : la préparation mentale et la préparation logistique.
Côté mental, Odile Duvalet de 3iL a un message pour tous ceux qui se mettent la pression : « Les écoles ne sont pas là pour maltraiter les candidats. Au contraire, elles font en général preuve d’une grande bienveillance. » Selon la responsable des admissions, il faut relativiser : « c’est un concours, pas un examen. » Tu l’auras compris : personne ne cherche à te piéger. Le jury veut en savoir plus sur toi, pas te mettre des bâtons dans les roues.
Côté logistique, Valérie Lion et Delphine Heutte de l’EBI recommandent de « faire une journée de repérage dans le centre d’examen pour mieux le connaître le jour J, faire le trajet et préparer sa pièce d’identité avec la convocation la veille. » Le but ? Éliminer toutes les sources d’inquiétude parasites. Tu sais où tu vas, tu as tout dans ton sac et tu peux enfin te concentrer sur l’essentiel !
Et la veille du concours ? Les deux écoles d’ingénieurs sont d’accord : on arrête de réviser en fin de journée pour s’octroyer une soirée détente ! « Il faut essayer de se détendre, libérer son esprit par le sport ou toute autre activité et ne surtout pas passer la nuit à réviser, c’est de toute façon trop tard », soutient Odile Duvalet.
Le conseil d’AgroParisTech vaut aussi la veille : vérifie une dernière fois que ton inscription est complète, que tes pièces justificatives sont bien déposées et que tu as payé les frais dans les délais. Un oubli administratif est éliminatoire !
5. Si une épreuve se passe mal : rebondis
Tu sors d’une épreuve avec la boule au ventre ? Tu as l’impression d’avoir tout raté ? On t’arrête tout de suite. Une épreuve ratée ne signifie pas un concours raté ! Et c’est un message que les responsables d’admissions martèlent.
La référente concours et la responsable des admissions de l’EBI invitent à « relativiser le poids de l’épreuve par rapport à tous les items pris en compte dans le calcul du classement. » Le plus important ? Ne pas abandonner !« Le concours Puissance Alpha tient compte également du dossier scolaire, donc les épreuves écrites ne font pas tout », explique Odile Duvalet. Ton dossier, tes notes de terminale, ta lettre de motivation Parcoursup : tout ça pèse dans la balance !
Évidemment, au-delà de la stratégie, il y a un état d’esprit à cultiver. Pour l’EBI, « il faut croire en son travail » et pour 3iL, « qui ne tente rien n’a rien. » Plutôt vrai, non ? Tu as bossé, tu t’es préparé, maintenant fais-toi confiance !






