C’était une égalité souvent mise en avant par les étudiants en formations paramédicales. Le montant de leurs bourses pouvait varier d’un département à un autre, et surtout, il n’était souvent pas égal à celui des autres étudiants. Désormais, ces aides seront alignées sur celles des autres étudiants.
Un financement par les régions depuis 2004
La différence des montants des bourses, perçus par les étudiants paramédicaux (infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, etc.), était jusqu’alors due à la loi de décentralisation de 2004. En effet, celle-ci permettait aux régions de prendre en charge le financement et la gestion de ces formations.
Les étudiants paramédicaux se retrouvaient donc avec des aides variables selon leur lieu de formation, avec des critères d’attribution différents… Une situation qui créait des inégalités sociales et, selon le communiqué de la FAGE (fédération des associations générales étudiantes), « obligeait nombre d’étudiants à travailler en parallèle de leurs études ou à contracter un prêt ». Pour exemple, on peut citer les difficultés que rencontrent les étudiants en kinésithérapie, qui ont récemment alerté sur leurs conditions de vie, grâce à une vidéo humoristique.
Une harmonisation avec tous les étudiants
Le décret prévoit donc une harmonisation des systèmes d’attribution et des montants des bourses, avec tous les autres étudiants de l’enseignement supérieur, avec pour référence les critères fixés par le ministère de l’Enseignement supérieur tous les ans. Ce changement interviendra dès la rentrée 2017 des différents instituts de formation paramédicaux.
Un combat pas terminé
Même si la FAGE note que cette avancée est un « tournant dans l’accès aux droits communs des étudiants en filière paramédicale et sages-femmes et un tournant pour l’égalité des droits et pour une véritable justice sociale dans la formation des étudiants », l’organisation note encore quelques luttes à mener dans le domaine. Le texte, paru le 29 décembre 2016, au Journal officiel, ne concerne en effet pas toutes les filières. Douze sont concernées, mais, par exemple, pas les éducateurs spécialisés en formation. « Nous continuerons d’exiger l’accès aux services du CROUS pour tous, afin que chacun puisse avoir accès à des aides spécifiques à allocation annuelle (ASAA), aux services des SUMPPS (services universitaires de médecine préventive et de promotion à la santé) et CSU (centre de santé universitaire) sur tout le territoire, ainsi qu’aux services des SUAPS (services universitaires des activités physiques et sportives), et à toutes autres aides dont bénéficient les étudiants des universités », note le communiqué de la FAGE, associé à la l’ANESF (sages-femmes), la FNEK (kinés), l’ANEP (étudiants en psychomotricité), l’UNAEE (ergothérapie) et la FNESI (infirmiers).