Tu as travaillé ta diction et ta prise de parole à l’oral ? Heureusement, car tu vas en avoir besoin le jour du Grand oral. Épreuve incontournable du baccalauréat depuis 2021, le Grand oral sert à évaluer la capacité des candidats à s’exprimer à l’oral, face à un jury.
Coefficient 10 pour les élèves de la voie générale et 14 pour ceux de la filière technologique, cette épreuve est très souvent redoutée. Afin de mieux l’appréhender et de savoir à quoi t’attendre le jour J, voici le déroulé étape par étape du cet examen du bac !
Quelles questions préparer pour le Grand oral ?
Jusqu’à 2024, l’épreuve du Grand oral se basait essentiellement sur une discussion autour de ton projet d’orientation. Toutefois, ces cinq minutes d’échange ont été supprimées pour accorder plus de temps aux savoirs acquis pendant l’année de terminale, notamment dans les enseignements de spécialité.
À partir de la session 2027, les coefficients du grand Grand oral changent : 8 pour la voie générale (au lieu de 10) et 12 pour la voie technologique (au lieu de 14). En cause : la mise en place d’une épreuve anticipée de mathématiques en première (coefficient 2).
Dorénavant, tu devras présenter au jury, composé de deux professeurs, deux questions préalablement choisies avec tes enseignants, en rapport avec tes deux spécialités. Par exemple, un candidat qui suit les enseignements de spécialité HGGSP et SES peut soit :
- Présenter une question portant sur HGGSP et une sur les SES
- Présenter une question portant sur HGGSP et une question transversale portant à la fois sur HGGSP et les SES
- Présenter une question portant sur les SES et une question transversale portant à la fois sur les SES et HGGSP
- Présenter deux questions transversales s’adossant chacune à la fois à HGGSP et aux SES
Pour les candidats de la voie technologique, les questions portent sur l’enseignement de spécialité pour lequel le programme de la série choisie prévoit la réalisation d’une étude approfondie. Évidemment, le choix de ces questions impacte directement la réussite de ton oral. Il faut donc que ce soit des sujets qui te passionnent et que tu maîtrises.
Selon tes spécialités, voici quelques exemples de questions que tu peux proposer :
- Dans quelle mesure l’art permet-il l’expression intime de soi ? (HLP)
- Convaincre autrui implique-t-il de renoncer à la recherche de la vérité ? (HLP)
- Comment interpréter un test médical ? (Maths/SVT)
- En quoi les probabilités peuvent-elles m’aider à prendre du recul sur les événements catastrophiques ? (Maths/SVT)
- Femmes et numérique : quelle histoire ? Quel avenir ? (NSI)
- Quels sont les enjeux de l’intelligence artificielle ? (NSI)
- etc.
Les questions doivent être construites sur la base d’une réflexion personnelle. Le jour de l’épreuve, tu devras expliquer pourquoi tu as choisi de préparer la question retenue par le jury.
Ces questions sont transmises au jury en début d’épreuve par le candidat, sur une feuille signée par les professeurs de spécialité et portant le cachet de l’établissement d’origine. Le jury choisit ensuite un des deux sujets sur lequel tu vas développer ton raisonnement.
Le but de cet exercice est de vérifier que tu as bien compris le sujet présenté, de mettre en avant les savoirs que tu as acquis pendant l’année de terminale et surtout d’évaluer ta prestation orale. Tu l’auras compris, il est indispensable de t’entraîner à l’oral ! Tu peux également mettre en lien le sujet choisi avec l’actualité ou tes expériences personnelles pour plus d’originalité lors de l’exposé.
20 minutes pour développer ton expression orale
L’épreuve du Grand oral dure 40 minutes au total (20 minutes de préparation et 20 minutes d’épreuve) et se divise en trois temps :
- 20 minutes de préparation
- 10 minutes de prise de parole
- 10 minutes d’échange avec le jury
Pendant les 10 minutes de présentation, le candidat explique d’abord les raisons qui l’ont poussé à choisir la question traitée et élabore une réponse claire, précise et convaincante pour répondre à la problématique posée. Pour ce faire, le candidat doit mobiliser ses connaissances et montrer ses capacités à argumenter, tout en mettant en avant son esprit critique.
Le Grand oral fait partie des épreuves finales du bac, avec les deux épreuves de spécialités, la philosophie (terminale), le français et les mathématiques (première).
Tu as choisi la spé LLCER ? Sache que, si tu le souhaites, une partie de l’épreuve du Grand oral peut se dérouler dans la langue vivante étudiée.
Pendant la prise de parole, tu pourras utiliser le support qui t’a permis de rendre ton exposé plus attractif et compréhensible, comme une figure, un schéma ou encore un tableau. Tu peux aussi avoir tes notes sous les yeux, au cas où tu aurais un trou de mémoire. Attention, ces documents ne sont pas élaborés à l’avance, mais bien pendant le temps de préparation (20 minutes).
Les 10 minutes suivantes ont pour but de mettre en place un échange en rapport avec la réponse donnée. Généralement, le jury a recours à cette discussion pour tenter d’approfondir la pensée du candidat, mais il peut aussi l’interroger sur l’ensemble du programme de première et de terminale de l’enseignement de spécialité à l’honneur. Profite de ce moment pour ajouter des notions que tu as oubliées et pour formuler des réponses exhaustives. Les « oui », « non », « je ne sais pas » risquent de ne pas passer ! Sers-toi aussi de ce moment pour être toi-même, tout en restant pro.
Le jury attribue une note au candidat à partir d’une grille d’évaluation assez précise : qualité de l’argumentation, qualité des connaissances, qualité de l’interaction… Tout y passe !
À noter que la date de ton Grand oral du bac t’est communiquée par convocation officielle.
Comment suis-je évalué au Grand oral ?
Le jury dispose d’une grille d’évaluation indicative pour évaluer les élèves. Cette grille est adaptée selon les besoins éducatifs particuliers de chaque candidat. Pour que tu aies une idée de ce sur quoi et comment tu vas être évalué, voici ce qui a été mis en place par le ministère de l’Éducation nationale pour la voie générale et la voie technologique.
| Qualité orale de l’épreuve | Qualité de la prise de parole en continu | Qualité des connaissances | Qualité de l’interaction | Qualité de construction de l’argumentation | |
| Très insuffisant | Difficilement audible sur l’ensemble de la prestation. Le candidat ne parvient pas à capter l’attention. | Énoncés courts, ponctués de pauses et de faux démarrages ou énoncés longs à la syntaxe mal maîtrisée. | Connaissances imprécises, incapacité à répondre aux questions, même avec une aide et des relances. | Réponses courtes ou rares. La communication repose principalement sur l’évaluateur. | Pas de compréhension du sujet, discours non argumenté et décousu. |
| Insuffisant | La voix devient plus audible et intelligible au fil de l’épreuve mais demeure monocorde. Vocabulaire limité ou approximatif. | Discours assez clair mais vocabulaire limité et énoncés schématiques. | Connaissances réelles, mais difficultés à les mobiliser en situation à l’occasion des questions du jury. | L’entretien permet une amorce d’échange. L’interaction reste limitée. | Début de démonstration mais raisonnement lacunaire. Discours insuffisamment structuré. |
| Satisfaisant | Quelques variations dans l’utilisation de la voix ; prise de parole affirmée. Il utilise un lexique adapté. Le candidat parvient à susciter l’intérêt. | Discours articulé et pertinent, énoncés bien construits. | Connaissances précises, une capacité à les mobiliser en réponses aux questions du jury avec éventuellement quelques relances. | Répond, contribue, réagit. Se reprend, reformule en s’aidant des propositions du jury. | Démonstration construite et appuyée sur des arguments précis et pertinents. |
| Très satisfaisant | La voix soutient efficacement le discours. Qualités prosodiques marquées (débit, fluidité, variations et nuances pertinentes, etc.). Le candidat est pleinement engagé dans sa parole. Il utilise un vocabulaire riche et précis. | Discours fluide, efficace, tirant pleinement profit du temps et développant des propositions. | Connaissances maîtrisées, les réponses aux questions du jury témoignent d’une capacité à mobiliser ces connaissances à bon escient et à les exposer clairement. | S’engage dans sa parole, réagit de façon pertinente. Prend l’initiative dans l’échange. Exploite judicieusement les éléments fournis par la situation d’interaction. | Maîtrise des enjeux du sujet, capacité à conduire et exprimer une argumentation personnelle, bien construite et raisonnée. |
FAQ - Les réponses à tes questions
Tu te poses encore des questions sur le Grand oral ? On t’y répond !
Qu’est-ce que le jury évalue vraiment lors de l’épreuve ?
Le jury s’appuie sur la grille indicative qui porte sur cinq critères : ta qualité orale (voix, débit, clarté), ta capacité à tenir un discours structuré en continu, la solidité de tes connaissances, la qualité de ton interaction avec le jury et la construction de ton argumentation. Chaque critère est apprécié sur une échelle allant de « très insuffisant » à « très satisfaisant ».
Comment venir habillé le jour du Grand oral ?
Pas besoin de venir en costume, mais évite le survêtement ou le t-shirt trop décontracté. L’idée est de renvoyer une image sérieuse tout en restant à l’aise. Choisis une tenue dans laquelle tu te sens bien et qui montre que tu prends l’épreuve au sérieux.
Quels aménagements pour les personnes en situation de handicap ?
Si tu es en situation de handicap ou si tu as des troubles qui impactent ta prise de parole, tu peux demander des aménagements : temps de préparation ou de passage majoré, aides techniques (tablette, logiciel adapté), interprète en LSF (langue des signes française) ou en LPC (langage parlé complété), secrétaire pour reformuler les questions ou encore la possibilité de répondre par écrit. La grille d’évaluation est aussi adaptée à ta situation pour garantir une évaluation équitable.
Que se passe-t-il si je rate le Grand oral ?
Le Grand oral n’est pas éliminatoire, mais avec un coefficient 10 (14 en voie techno), une mauvaise note peut sérieusement peser sur ta moyenne. Autant viser minimum 10/20 !
Quelles sont les pires erreurs à éviter le jour du Grand oral ?
La première est de réciter un texte appris par cœur sans aucun naturel : le jury repère immédiatement la récitation mécanique et valorise davantage un discours vivant. Évite aussi les réponses trop brèves pendant l’échange (« oui », « non », « je ne sais pas ») : le jury attend que tu argumentes et développes ta pensée. Enfin, ne néglige pas la gestion du temps : entraîne-toi avec un chrono pour ne pas terminer en cinq minutes ou dépasser largement les dix minutes de présentation.






