Les universités, incapables de proposer le parcours d’accompagnement

La mise en place de la nouvelle plateforme d’orientation vers le supérieur Parcoursup implique de nombreux changements : les attendus, les projets motivés, les nouveaux vœux... Cependant, certaines nouveautés comme les parcours d’accompagnement ne pourront pas être mis en place dans certaines universités.

Crédit Diplomeo

Ayant pour objectif d’aider les étudiants à l’intégration dans leur licence, le parcours d’accompagnement ne pourra pas être mis en place dans plusieurs universités faute de moyens humains.

Les parcours d’accompagnement

Après s’être inscrits à l’université, les futurs bacheliers attendent une réponse de la part des formations pour lesquelles ils ont postulé. C’est cette réponse qui pose problème. La réponse peut être « oui » ou « non » mais avec Parcoursup, il est désormais possible que les étudiants reçoivent la réponse « oui, si », comprendre « vous êtes accepté à condition de suivre un parcours d’accompagnement ».
Ainsi, les étudiants n’ayant pas le niveau nécessaire pour entrer dans une formation peuvent suivre ce parcours pour améliorer leurs chances de réussite. Ce système vise à améliorer le taux de réussite en première année des étudiants.

Les personnes suivant cette nouvelle licence profiteront d’un parcours personnalisé et plus professionnalisant. Elles auront notamment la possibilité de suivre différents types de cursus incluant par exemple une remise à niveau à l’entrée de l’université, des cursus pluridisciplinaires ou encore des cursus autonomie.

Un bon compromis donc pour les étudiants ne répondant pas aux attendus d’une formation, mais, parce qu’il y a toujours un « mais », toutes les universités ne seront pas en mesure de proposer ces formations personnalisées pour la rentrée de 2018.

Difficulté de mise en place

Si l’annonce de ces parcours d’accompagnement est récente, cela implique que les universités les élaborent à vitesse grand V. La ministre de l’Enseignement supérieur a assuré que les enseignants chercheurs travaillaient « à pied d’œuvre » pour préparer ces parcours, mais il semble bien que le calendrier soit serré pour bon nombre d’universités.

Ainsi, celle de Poitiers prévoit de ne pas envoyer de réponse « Oui si » à ses candidats. Le président de l’université s’explique dans un entretien accordé à ÉducPros : « Entre 2012 et 2018, nos effectifs étudiants ont augmenté de 28 % sans aucune augmentation d’emplois ». Un calcul simple auquel de nombreuses universités vont être confrontées. Plusieurs universités comme celle de Bordeaux prévoient une mise en place pouvant prendre jusqu’à deux ou trois années.

Cependant, cette procédure, qui coûtera 10 millions d’euros supplémentaires pour sa mise en place, a déjà débloqué quelque 19 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Dans un communiqué de presse, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé que parmi sur ces 10 millions d’euros, 8 seront consacrés à renforcer les équipes pédagogiques qui s’occupent d’instaurer les parcours personnalisés et d’accompagnement et 2 permettront d’indemniser les enseignants qui mettent en place cette réforme.

Cela devrait permettre dans les années à venir de mettre en place les parcours personnalisés et les modules d’accompagnement dans toutes les universités de France. Pour l’heure, toutes les universités ne sont pas aptes à proposer ces parcours malgré les efforts financiers de l’État.

Valentin Agbo Aclozo