La procédure Mon Master est lancée ! Depuis ce lundi 2 février 2026, les étudiants en troisième année de licence, de BUT ou de bachelor peuvent se plonger dans le catalogue des formations de niveau master ouvertes à la rentrée 2026. Il s’agit, pour eux, de candidater pour un dossier qui colle à leur projet, éplucher les attendus et ficeler un dossier en béton avant le 16 mars prochain, date limite pour déposer ses candidatures.
Mais cette année, une question agite déjà les réseaux sociaux : y a-t-il moins de places disponibles en master qu’en 2025 ? Entre les commentaires inquiets sur TikTok, Instagram ou X, le doute s’installe chez les candidats. Diplomeo a plongé son nez dans les données ! 🔍
« J’ai vu 7 % de taux d’acceptation, j’ai refermé l’ordi »
Dès l’ouverture de la plateforme, les réseaux sociaux se sont enflammés. « On en parle des taux d’admission sur Mon Master ? C’est un cauchemar », lance un étudiant sur X. En réponse, les commentaires s’enchaînent« Courage ça a l’air traumatisant », lui rétorque-t-on.
« J’ai vu 7 % de taux d’acceptation, j’ai refermé l’ordi », lâche de son côté une étudiante sur TikTok, visiblement dépitée. Un taux d’acceptation aussi faible signifie que sur 100 candidats, 93 repartiront bredouilles.
Mdrrr on en parle des taux d’admission sur Mon Master ? C’est un cauchemar
— yasmin 🍊 (@mggnmyy) February 3, 2026
« Le pire, c’est que chaque année c’est de pire en pire, le mien est passé de 20 % à 10 % en un an », renchérit une autre dans les commentaires TikTok d’un jeune qui interpelle sur les faibles taux d’admission de certaines formations sur Mon Master.
Ces taux d’accès, affichés sur chaque fiche formation de la plateforme gouvernementale, reflètent la proportion de candidats ayant reçu une proposition d’admission l’année précédente. Plus le chiffre est bas, plus la sélection s’intensifie. Alors, les étudiants ont-ils raison de s’inquiéter ?
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Mon Master : plus de 20 000 places en moins en 2026
Trêve de suspense : les internautes ont vu juste. En épluchant les données officielles du ministère de l’Enseignement supérieur pour la session 2025 et en les confrontant à l’offre affichée sur Mon Master au 3 février 2026, on constate que l’étau se resserre.
| - | 2025 | 2026 | Évolution |
| Formations | 8 167 | 7 623 | -544 (-6,7 %) |
| Capacité d’accueil | 177 297 | 156 806 | -20 491 (-11,6 %) |
Ainsi, par rapport à l’année dernière, ce sont 20 491 places qui ont disparu du catalogue, soit une baisse de 11,6 % des capacités d’accueil sur l’ensemble du territoire national. Cela signifie moins de place pour autant (voire plus) de candidats.
Eh oui, car la demande ne faiblit pas, bien au contraire. Lors de l’édition 2025, la plateforme Mon Master a enregistré une hausse de 16 % des candidatures, avec 258 000 étudiants qui ont confirmé au moins un vœu sur le portail des masters, dont un tiers d’entre eux sans proposition d’admission à l’issue de la procédure. Avec une offre qui se réduit, ce ratio pourrait encore se dégrader cette année.
Normandie, Hauts-de-France, Pays de la Loire : les régions qui boivent la tasse
Quand on regarde le détail des formations en France, le constat varie d’une région à l’autre. La baisse des formations de niveau master est bien nationale, mais son ampleur diffère selon les territoires.
La Normandie affiche la plus forte baisse avec -22,1 % de capacité d’accueil, soit près de 1 500 places en moins sur un an. Les universités de Caen, Rouen et Le Havre voient leur offre se réduire sensiblement.
Même scénario dans les Hauts-de-France. La région accuse une baisse de 17,6 %, soit 3 000 places volatilisées. Lille, Amiens et Valenciennes, les grandes villes universitaires du Nord, serrent la ceinture. En Pays de la Loire (-15,4 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (-15,1 %), le recul est également marqué. Lyon, Nantes, Angers, Grenoble… des villes pourtant prisées des étudiants qui voient leur offre de master se contracter.
Au milieu de cette baisse, l’Île-de-France fait figure d’exception. Avec seulement 1,9 % de baisse, la région parisienne maintient le cap. Les 42 220 places disponibles représentent toujours plus d’un quart de l’offre nationale. Mais cette stabilité a un revers, les candidats d’autres régions pourraient affluer vers Paris et sa banlieue, rendant la compétition francilienne encore plus importante.
Quelles filières sont plus concernées par les baisses ?
Les disparités ne sont pas que géographiques. Côté disciplines, le tableau est contrasté. Certaines mentions voient leur capacité d’accueil reculer, d’autres se maintiennent.
Les masters MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) affichent une baisse notable. Mais celle-ci s’explique notamment par la réforme des concours enseignants, qui entre en vigueur à la rentrée 2026 avec un recrutement à bac+3. Les masters MEEF perdent ainsi leur fonction de préparation au concours, et les capacités d’admission s’ajustent en conséquence.
Pour les autres filières, certaines formations affichent des jauges particulièrement serrées. En psychologie, le master « Changement organisationnel et social » de l’Université de Lorraine ne propose que trois places. À l’université de Tours, le parcours « Cognition, neurosciences et psychologie » en compte seulement sept places.
En droit, plusieurs parcours de l’Université Paris Cité limitent leur capacité à une ou deux places seulement. C’est par exemple le cas du master « Droit international général » ou « Juriste d’affaires fiscaliste ». Même constat en master informatique à Lille, où les parcours en alternance (cybersécurité, intelligence artificielle, génie logiciel) n’ouvrent qu’une seule place chacun.
À l’inverse, certaines mentions conservent une offre plus large. L’informatique reste en tête au niveau national avec 4 705 places, suivie du droit des affaires (3 914 places) et du marketing-vente (3 052 places).
Pour les candidats de cette session 2026, le constat est donc clair : oui, il y a bien moins de places dans les formations en bac+5 cette année. Reste à savoir si cette tendance se confirmera dans les mois à venir, ou si des ajustements viendront compléter l’offre d’ici la phase d’admission ou lors de la phase complémentaire.






