Sur Mon Master, les femmes sont majoritaires partout sauf dans ces disciplines

Sur Mon Master, les femmes représentent 63 % des admis. Mais en sciences fondamentales, elles tombent à 32 %. Zoom sur ce que les données 2024 et 2025 révèlent vraiment.
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Les résultats Mon Master tombent du 3 au 16 juin pour la phase principale d’admission. En attendant, les questions s’accumulent, et parmi elles, une que peu osent formuler à voix haute : est-ce que mon genre joue contre moi à la sélection ? La réponse est dans les données. Les open data des sessions 2024 et 2025, publiées sur la plateforme des données publiques françaises et couvrant l’ensemble des masters universitaires publics référencés sur Mon Master, permettent de trancher.

63 % des admis sur Mon Master sont des femmes. Si tu regardes les open data des sessions 2024 et 2025, publiées sur la plateforme des données publiques françaises et couvrant l’ensemble des masters universitaires publics référencés sur la plateforme, le constat s’impose d’emblée : les femmes dominent le vivier des candidats et, plus encore, celui des admis.

Mais cette majorité n’est pas uniforme. Derrière la moyenne nationale se cachent des écarts disciplinaires saisissants. On observe des disciplines où les femmes représentent les trois quarts des admis, et d’autres où elles peinent à dépasser le tiers. Deux en particulier sortent du lot pour cette catégorie : les sciences fondamentales et applications, et les STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Et ce déséquilibre-là ne date pas d’hier.

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63 % des admis sur Mon Master sont des femmes

En 2025, les femmes représentaient donc 62 % des candidats en phase principale et 63 % des admis, toutes disciplines confondues. En 2024, les proportions étaient comparables. L’écart entre les deux chiffres mérite d’être noté : les femmes sont légèrement mieux représentées parmi les admis que parmi les candidats. Autrement dit, à candidature équivalente, elles ne semblent pas pénalisées à l’admission. Elles s’en sortent même un cran mieux en proportion.

Ce résultat global masque pourtant des contrastes disciplinaires très marqués. En langues, 76 % des admis 2025 sont des femmes. En lettres, sciences du langage et arts, elles atteignent 73 %. En droit et sciences politiques, 73 % également. Des disciplines où leur présence très large n’est pas nouvelle, mais que les données chiffrées session par session rendent particulièrement nettes.

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Sciences fondamentales, STAPS : les deux disciplines où le déséquilibre s’inverse

Voilà les deux exceptions qui font tache dans le tableau. En sciences fondamentales et applications (qui regroupe les masters en mathématiques, physique, chimie, informatique et sciences de l’ingénieur, entre autres), les femmes ne représentaient que 32 % des candidats en phase principale 2025, et 32 % également des admis, phases principale et complémentaire confondues.

En STAPS, 39 % des admis sont des femmes en 2025, contre 38 % en 2024. On constate alors une légère hausse, mais qui reste loin de la parité.

Comment ces pourcentages sont calculés 🔎

Même logique que pour la moyenne nationale : on divise le nombre de femmes admises dans chaque discipline par le nombre total d’admis dans cette même discipline, sur l’ensemble des formations référencées.

En sciences fondamentales par exemple, on compte le nombre de femmes ayant accepté une proposition d’admission dans toutes les formations de cette discipline pour la session 2025, puis on le rapporte au total des admis dans ces formations. Même calcul pour les candidatures en phase principale (PP), qui donne le taux de femmes parmi celles qui se présentent, indépendamment de la sélection. C’est la comparaison entre ces deux taux (candidates en PP et admises PP+ phase complémentaire) qui permet de savoir si le déséquilibre se joue à l’entrée ou à la sélection.

Un premier réflexe serait de chercher un biais de sélection : est-ce que les commissions admettent proportionnellement moins de femmes que d’hommes dans ces disciplines ? Les données permettent de répondre. La réponse est non. En sciences fondamentales, l’écart entre la part de femmes candidates et la part de femmes admises est infime. Dans le détail, sans les arrondis, il représente moins d’un point : 32,2 % vs 31,7 %.

Le même constat vaut pour les STAPS. Autrement dit, les femmes qui candidatent dans ces disciplines ne sont pas moins bien admises que leurs homologues masculins à dossier comparable. Le déséquilibre se joue ailleurs : en amont, au moment de candidater… ou de ne pas candidater, justement.

Ce phénomène des femmes qui s’autocensurent avant même de postuler n’est pas propre aux masters. Il se dessine dès le lycée et se confirme dans les filières post-bac.

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Ce n’est pas Mon Master qui crée l’écart : il commence bien avant

Mon Master ne fait donc que photographier un écart qui s’est constitué bien avant, dans les choix de spécialités au lycée, dans les filières post-bac, dans la façon dont les filles pensent globalement l’orientation, en sciences notamment. Le ministère de l’Éducation nationale le reconnaît lui-même, dans le cadre du plan Filles et maths lancé en 2025 : si 48 % des lycéennes suivent la spécialité mathématiques en première, et 42 % en terminale, elles ne représentent que 25 % des étudiants dans les formations liées au numérique et aux métiers de l’ingénierie. « Cette proportion stagne depuis vingt ans », indique le ministère.

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L’autocensure, le fait de se dire « ce n’est pas pour moi » avant même d’avoir essayé, est régulièrement pointée comme l’un des freins les plus tenaces. Elle se nourrit d’un déficit de visibilité de rôles modèles existants et de biais de genre que la société transmet, souvent sans s’en rendre compte, dès le plus jeune âge.

Les grandes écoles sont logées à la même enseigne 👇

Où en est l’égalité femmes-hommes dans les grandes écoles en 2025 ?

Ce n’est pas une accusation, c’est un mécanisme documenté. Ana Persic, spécialiste du programme Sciences à l’UNESCO, l’a formulé lors d’une conférence dédiée aux femmes et filles de sciences en février 2024 : l’écart entre les genres en science est, selon elle, « la combinaison de plusieurs facteurs sociétaux » et il commence dès l’enfance. « Dès l’âge de 2 ou 3 ans, on dit déjà aux enfants ce qu’ils sont censés faire en tant que fille ou garçon », précisait Justine Sass, chef de section à l’UNESCO pour l’éducation et l’égalité des genres, lors du même événement.

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Ce que ces chiffres changent (ou pas) pour toi

Si tu es une femme et que tu prépares une candidature en master de sciences fondamentales ou en STAPS, ces données ont une chose à te dire, et elle compte : tu ne pars pas avec un handicap structurel sur Mon Master. Les commissions n’admettent pas moins de femmes proportionnellement à celles qui se présentent. Les écarts entre taux de candidature et taux d’admission sont négligeables dans les deux disciplines. Le véritable obstacle, si obstacle il y a, ne se situe pas dans la sélection. Il se situe en amont, dans la décision même de candidater.

Ce que les données ne disent pas, en revanche, c’est pourquoi certaines étudiantes renoncent avant d’arriver jusque-là. Les raisons sont entremêlées et rarement simples à démêler : environnement de promo majoritairement masculin, manque de visibilité sur les débouchés et des représentations tenaces qui étiquettent certaines filières comme naturellement masculines.

Sandrine Ferrand, responsable communication de l’ESITC Paris (École supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction), observe pourtant que les choses bougent : « Plus les femmes seront nombreuses à oser s’engager dans le secteur, plus les choses bougeront vite. » La représentation appelle la représentation. Bria Macklin, chercheuse postdoctorale aux Gladstone Institutes, le formule autrement : « Les sciences sont présentes dans presque toutes les choses que les jeunes filles aiment. » Le problème n’est pas l’appétence. C’est le lien qui n’a jamais été fait.

Pas encore de formation bac+5 pour la rentrée ?

Détrompe-toi si tu penses que ces disciplines te seraient structurellement fermées à la sélection. Les chiffres disent le contraire et ce qu’ils disent vaut au-delà des sciences fondamentales et des STAPS. Sur l’ensemble des 13 disciplines référencées sur Mon Master, l’écart entre la part de femmes candidates et la part de femmes admises ne dépasse jamais 2 points, quelle que soit la session. En langues, en droit, en lettres comme en sciences : une fois qu’on se présente, on est évalué sur son dossier, pas sur son genre ! Les données de Mon Master ne plaident pas contre toi. Elles plaident pour que tu te lances.

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