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Mon Master 2026 : ce qui se joue pendant l'examen des candidatures

Les candidatures ont été envoyées aux établissements et la phase d'examen entre en ordre de bataille. Que se passe-t-il maintenant ? Éléments de réponse dans les coulisses de cette période de transition.
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Les choses sérieuses commencent. Depuis le 21 mars, les candidatures émises sur la plateforme Mon Master sont closes et les universités ont pris le flambeau. Les commissions pédagogiques examinent les dossiers, convoquent certains candidats à des entretiens, et établissent les classements qui déterminent les admissions.

De son côté, le ministère de l'Enseignement supérieur dévoile un de cette phase de candidature : 270 000 candidats ont déposé au moins une candidature, soit une hausse de 8 % par rapport à 2025. Autre nouveauté cette année : 189 000 formations mixtes (parcours initial et alternance) ont été proposées, attirant ainsi 51 000 candidats.

Mais que se passe-t-il dans les universités entre le dépôt des dossiers et l'envoi des réponses ? Comment les candidatures sont-elles triées ? Qui décide et selon quels critères ? Décryptage avec Arnaud Thauvron, vice-président de la Formation et de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire de l'UPEC.

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Mon Master : qui examine les dossiers et comment ? 

Derrière la plateforme gouvernementale se cache en réalité plusieurs petites mains qui trient les candidatures des étudiants. À l'Université Paris-Est Créteil, « ce sont les responsables de master qui examinent les dossiers », confirme le vice-président de la Formation.

Ainsi, l'examen des candidatures demande un temps considérable : pour 1 200 candidats dans un master, l'objectif est d'identifier environ 120 étudiants admissibles à convoquer ensuite en entretien. Pour les équipes pédagogiques, ce tri initial peut nécessiter des journées entières de travail, car elles doivent classer les candidatures avant le 27 avril, une course contre la montre engagée pour respecter les délais du calendrier de la procédure.

Les critères de sélection varient d'une formation à l'autre et sont affichés sur les fiches Mon Master, dans la rubrique « Critères d'examen des candidatures ». Ces informations permettent aux candidats de mieux cibler leurs vœux et d'adapter leurs lettres de motivation. Néanmoins, dans les faits, sur quoi s'appuient vraiment les responsables de formation ?

Au sein de la faculté de région parisienne, Arnaud Thauvron résume : « Il y a deux grands critères. Le premier, c'est le niveau académique : les notes et le parcours. Qu'est-ce que l'étudiant a fait et avec quelles notes ? Quel classement dans sa promotion ? Le second critère, ce sont les expériences professionnelles, notamment en lien avec le master visé ». Que ce soit des expériences personnelles, des stages ou  de l’alternance, chaque élément pèse dans la balance pour évaluer l'adéquation du candidat avec la formation.

Les entretiens dans l'équation de la sélection

Après ce premier tri sur dossier, une autre étape peut intervenir : la fameuse convocation. Certaines universités organisent, auprès des candidats, des entretiens ou des épreuves écrites et orales pour affiner leur sélection. Les convocations sont envoyées progressivement entre fin mars et mi-avril, par mail ou via la plateforme Mon Master.

À l'IAE Paris-Est, par exemple, l'école de management de l'UPEC, tous les masters exigent un entretien de recrutement. L'impact de ces oraux sur le classement final varie fortement selon les formations et leur niveau de sélectivité. « Tout dépend du taux de pression sur le master. C'est vraiment du cas par cas ; il n'y a pas deux masters qui se ressemblent en termes de process de recrutement », explique le vice-président de la Formation de l'UPEC.

Dans les masters sélectifs ou très demandés, un entretien peut permettre de départager des candidats au profil similaire, mais il ne suffit généralement pas à rattraper un dossier académique faible. La priorité des équipes pédagogiques reste de sélectionner des étudiants capables de réussir leur formation. « Le problème, c'est que si un candidat est très moyen, il risque de ne pas réussir au master. Mon objectif, ce n'est pas de le mettre en difficulté », précise Arnaud Thauvron.

Alternance : un calendrier serré et des délais tendus

S’il y a bien un élément qui a son importance pour les formations de niveau bac+5, c’est bien l’apprentissage. Ce mode de scolarité occupe une place prépondérante sur Mon Master, comme le relève le ministère de l’Enseignement supérieur, où près de 200 000 candidatures ont été soumises.

À Créteil, « L'UPEC offre sur Mon Master 163 parcours représentant 2987 places, dont 46 masters en apprentissage en M1 », détaille Arnaud Thauvron. Les candidats qui ont opté pour une formation en alternance seront informés de leur classement dès le 30 avril. À compter de cette date, ils peuvent commencer à rechercher une entreprise et déposer leur contrat d'apprentissage sur la plateforme. « Les candidats sont accompagnés dans la recherche et certaines formations reçoivent des propositions d'entreprises et les diffusent à leurs étudiants qui ont été classés », précise le vice-président de la Formation et de la Vie universitaire.

Ensuite vient la date charnière, le 12 juin (le jour où les propositions arrivent au compte-goutte pour l’alternance). Dès lors, le principe du « premier arrivé, premier servi » s'applique pour les places restantes.

Si un candidat ne trouve pas d'entreprise avant la date butoir, Arnaud Thauvron tient à rassurer. « Il peut quand même suivre la formation, mais il doit obligatoirement trouver une alternance dans les trois mois qui suivent le début des cours », précise-t-il, avant d’ajouter : « Ce qui est important, c'est que tant que le master n'est pas rempli, les candidats peuvent continuer à chercher une alternance et être admis ». Dans ce cas précis, l'été risque de ressembler davantage à un marathon de candidatures qu'à des vacances au soleil.

« Pendant l’attente, il faut se mettre en mode commando »

Entre la clôture des candidatures et les premières réponses attendues, les candidats vivent une période de flottement. Plutôt que de la subir passivement, le vice-président de la Formation de l'UPEC conseille de l'anticiper, surtout pour ceux qui visent l'alternance. « Pendant l’attente, il faut se mettre un peu en mode commando et identifier dès maintenant les entreprises susceptibles de les prendre », conseille Arnaud Thauvron. « S'ils ont un bon dossier, ne pas attendre d'avoir une réponse pour commencer à écrire aux entreprises qui recrutent des alternants dans le secteur qu'ils visent, afin d'entamer un peu en amont le processus de recrutement », ajoute-t-il.

Pour ceux qui n'obtiendraient aucune proposition d'admission à l'issue de la phase principale d’admission, la phase complémentaire de Mon Master offre une seconde chance.« C’est une véritable opportunité, il y a certains masters qui n'ont pas rempli à l’issue de la phase principale d’admission », explique le responsable.

Des formations peuvent se retrouver avec des places vacantes après avoir été, parfois, assez exigeantes lors du premier tour. « Certaines formations sont trop sélectives et ne remplissent pas leurs effectifs, alors qu'elles avaient plein de candidats », avoue-t-il. De quoi donner une seconde chance à ceux qui sont passés entre les mailles du filet.

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