Les jeunes gardent espoir malgré la crise

Pour fêter ses 20 ans, la Fondation Auchan pour la Jeunesse a publié le 30 mars une étude Harris Interactive qui rend compte de l’état psychique des jeunes et de leur rapport à l’insertion professionnelle et à la solidarité. Alors : moral au fond des chaussettes ou confiance invétérée en l’avenir ?

L'espoir fait vivre...

Harris Interactive, un acteur du marché des études, a mené une enquête pour la Fondation Auchan pour la Jeunesse publiée le 30 mars, afin d’en savoir plus sur le ressenti des jeunes quant à leur rapport l’emploi, à l’avenir et à la société. Basée sur un échantillon de 600 Français âgés de 18 à 25 ans, l’étude révèle que les jeunes ont pleine conscience des difficultés actuelles, tout en faisant preuve d’un optimisme rafraichissant. Zoom sur les chiffres.

Jeunesse outragée, jeunesse brisée, jeunesse martyrisée, mais jeunesse motivée ?

Si à première vue les jeunes semblent abattus par la crise économique actuelle, ils semblent cependant toujours habités par l’espoir. En effet, d’après l’étude, le terme de « jeunesse » est associé, pour les 18–25 ans, à de nombreux aspects négatifs : « perdue », « désespoir », « précarité », « irrespectueuse » et « délinquance » sont les mots spontanément proposés par certains des jeunes interrogés lorsqu’elle est évoquée. Après un tel constat, on pourrait en conclure que la jeunesse ne se porte pas très bien et qu’elle semble s’adonner à l’autoflagellation… et pourtant. Selon Harris Interactive, les jeunes sont plus positifs que leurs aînés et considèrent que la vie s’est améliorée depuis les 20 dernières années. Encore plus encourageant : si 80 % d’entre eux estiment qu’il est aujourd’hui difficile de trouver un emploi, deux tiers se disent optimistes pour l’année 2016 et plus de la moitié pour les 10 années à venir. De quoi nous redonner un peu le sourire !

La solidarité et la famille : des valeurs primordiales pour les jeunes

Si on associe souvent la précarité de l’emploi à l’exclusion sociale, les jeunes, qui sont pourtant les principales victimes du chômage, se sentent pour 73 % d’entre eux parfaitement intégrés dans la société française. Mais d’où vient ce sentiment ? Selon Harris Interactive, « le sentiment d’intégration passe également par la confiance qu’accorde une catégorie de la population aux différents acteurs qui la constituent ». Et quels sont ces acteurs ? En tête de liste de ceux en qui les jeunes ont le plus confiance, on trouve la famille (un jeune sur neuf), les médecins et les scientifiques (un jeune sur huit) puis les enseignants et les policiers (un jeune sur sept). Parmi ceux qui, au contraire, n’inspirent pas une confiance aux jeunes, on trouve les chefs d’entreprise, les banquiers, les journalistes et, grands derniers, les responsables politiques

Enfin, le sentiment d’intégration passe également par la foi et l’investissement des jeunes dans la solidarité, au sein du cocon familial, mais également en association. De fait, 93 % des jeunes pensent que la solidarité est importante. Et ce ne sont pas que des mots, car les actes semblent suivre ! Presque la moitié d’entre eux ont déjà été membres d’une association et 38 % participent à des actions solidaires sur Internet.

Dès lors, si on a toujours tendance à penser que les difficultés sont source de découragement et de désespoir, il semble qu’elles soient pour la jeunesse actuelle, plutôt le moteur qui les pousse à l’espérance et à la solidarité. Comme dirait si bien ce cher Henry Miller, « nous sommes rarement en mesure de nous rendre compte à quel point le négatif sert à produire le positif, à quel point le mal engendre le bien. » : en voilà une nouvelle preuve !

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