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Étudier au Québec : l'université de Montréal veut rassurer les étudiants français face aux politiques migratoires

Face aux inquiétudes suscitées par le durcissement des politiques migratoires au Canada, la plus grande université francophone du pays « veut dissiper les malentendus » et rappeler que les portes restent ouvertes aux étudiants français.
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© Université de Montréal - UdeM

Plafonnement des permis d'études, évolution des programmes d'immigration post-diplôme, réorganisation des voies d'accès : depuis plusieurs mois, les annonces sur la politique migratoire se multiplient au Canada. De quoi alimenter les interrogations chez les candidats français, leurs familles et les établissements partenaires sur les études supérieures dans la province francophone.

À l'occasion d'une conférence de presse organisée à Paris ce mardi 13 janvier, l'université de Montréal (UdeM) a souhaité clarifier la situation. « Pris de façon isolée, tous ces ajustements peuvent donner l'impression que le Québec se referme », reconnaît Michèle Glémaud, directrice générale des admissions à l’université de Montréal. « Mais ce n'est pas la réalité ».

Une politique migratoire canadienne durcie, mais des nuances à apporter

Pour rappel, depuis janvier 2024, le Canada a plafonné le nombre de permis d'études délivrés aux étudiants internationaux. Le Québec, qui gère ses propres quotas, a réduit le nombre d'étudiants internationaux autorisés de 65 000 à 45 000 par an. L’objectif affiché par le gouvernement québécois est de mieux réguler les flux et d’améliorer les conditions d'accueil.

Pour l'université de Montréal, cette lecture globale est trompeuse. « Ce sont des chiffres à l'échelle du Québec », insiste Michèle Glémaud, qui appelle à raisonner au cas par cas, établissement par établissement. En effet, selon elle, le gouvernement québécois a attribué à l'UdeM un quota annuel de 7 400 permis d'études, reconduit pour les deux prochaines années. « C'est le plus grand quota au Québec. Et surtout, cela nous donne une visibilité et une stabilité essentielles pour planifier », ajoute-t-elle. 

L'université de Montréal ne prévoit d'ailleurs pas d'atteindre ce plafond. « Chaque année, nous accueillons une cohorte d'environ 15 000 à 16 000 nouveaux étudiants ». Autrement dit, un lycéen français avec un bon dossier académique n'a pas de raison de s'inquiéter, car selon les responsables, les places sont là. « Il n'y a pas de saturation du système. Un étudiant bien préparé, avec un dossier solide, peut tout à fait envisager son projet d'études chez nous. », veut rassurer Michèle Glémaud.

Les universités francophones préservées

La direction de l’université de Montréal a souhaité rappeler que le gouvernement québécois a fait le choix de restreindre certains secteurs, tout en préservant les établissements d’enseignement supérieur.« Le gouvernement québécois a coupé ailleurs, mais il a choisi de privilégier les universités, et particulièrement les universités francophones », explique Michèle Glémaud. La raison, selon elle ? Un rôle « stratégique », des universités qui participent au « développement du Québec et son rayonnement international ».

À la question de savoir si ces politiques risquent d'envoyer un signal négatif aux candidats étrangers, la réponse de la direction de l’université de Montréal se montre sans ambiguïté. « Le message n'est pas celui d'une fermeture, mais celui d'une meilleure régulation, avec une attention particulière portée à l'intégration des étudiants internationaux », affirme Jonathan Castex, responsable de la promotion des activités aux futurs étudiants à l’université de Montréal.

Des frais de scolarité avantageux pour les étudiants français

L’université de Montréal rappelle que, grâce aux accords France-Québec, les étudiants français et belges bénéficient, au deuxième et au troisième cycle (l’équivalent du master et du doctorat) de frais de scolarité équivalents à ceux des Québécois. Les droits d’inscription s'élèvent à 3 500 euros la première année de master et moins de 1 000 euros la deuxième année.

« Dans un contexte où les frais de scolarité augmentent dans certaines grandes écoles en France, nous, nous stabilisons les frais », insiste Jonathan Castex. Celui-ci rappelle aussi que le coût de la vie à Montréal reste inférieur à Paris, notamment en termes de logement (une chambre étudiante en campus revient à 350 euros par mois) et d'alimentation.

Autre sujet d'inquiétude majeur : l'insertion professionnelle. En 2024, le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui s'adresse aux étrangers souhaitant travailler dans la province francophone. « Il faut regarder cette évolution avec nuance », explique la directrice. « Ce programme favorise explicitement les travailleurs qualifiés francophones, en particulier dans les secteurs où le Québec manque de main-d'œuvre », développe Michèle Glémaud.

« L'ouverture internationale et la francophonie pour innover et transformer »

Selon les responsables, le profil des diplômés de l'université de Montréal « correspond très bien aux besoins du marché du travail ». La possibilité d'obtenir un permis de travail post-diplôme demeure un élément clé. « C'est une première expérience professionnelle canadienne qui est valorisante, que ce soit pour rester au Québec ou pour un retour en France », renchérit-elle. « De nombreux employeurs québécois sont prêts à s'engager pour prolonger le parcours des diplômés internationaux ».

Une partie des étudiants français choisissent d'ailleurs de s'installer durablement à Montréal et ses environs, après l'obtention de leur diplôme, attirés par les opportunités professionnelles et la qualité de vie. Et même si le Québec encourage une meilleure répartition territoriale, « Montréal demeure le principal bassin d'emploi », notamment dans la recherche, la santé et les technologies, précise Jonathan Castex.

Un atout pour les étudiants français, car le Québec reste profondément attaché à la défense de la langue française, un lien culturel qui facilite l'intégration. « Dans un monde en transformation, l'ouverture internationale et la francophonie sont une force pour innover et transformer », conclut la direction.

 

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