Pour l’édition 2025 de son enquête sur l’orientation des jeunes, Diplomeo, en partenariat avec Discurv, a interrogé 1 001 Français âgés de 16 à 25 ans entre le 9 et le 16 juillet 2025. Parmi eux, 78 % sont en situation d’orientation et 22 % dans une démarche de réorientation.
À quel moment les jeunes commencent-ils à réfléchir à leurs études supérieures ? Quels critères guident leur choix d’établissement et de formation ? Quelle place occupe l’intelligence artificielle dans leur parcours d’orientation ? Autant de questions auxquelles cette enquête apporte des réponses éclairantes.
Passions et famille : le point de départ pour près de 6 jeunes sur 10
Pas facile de trouver sa voie ! Qui n’aimerait pas pouvoir se contenter de dire « Sésame, ouvre-toi » pour que la formation parfaite se présente ? Faute de formule magique, les 16-25 ans s’appuient d’abord sur des ressources personnelles et familiales pour construire leur orientation.

Les passions et centres d’intérêt constituent l’influence majeure : 57 % des jeunes déclarent qu’ils ont joué un rôle modéré à déterminant dans leur choix. La famille arrive en deuxième position avec 50 %, suivie des médias et sites d’information spécialisés (39 %) et de Parcoursup (39 %). Pour rappel, la plateforme Parcoursup ne sert pas seulement à formuler des vœux : elle fonctionne aussi comme un véritable catalogue de formations.

Viennent ensuite les professeurs (37 %), les sites des écoles (37 %), les amis (37 %) et les réseaux sociaux (36 %). Les témoignages d’étudiants influencent également plus d’un tiers des jeunes (36 %).
Au-delà de ces ressources, les jeunes continuent de s’appuyer sur des échanges plus directs pour affiner leur projet. Les conseillers d’orientation (31 %), les conseils de classe (30 %), les Journées portes ouvertes (28 %) et les étudiants ambassadeurs (27 %) influencent environ trois jeunes sur dix dans le choix de leurs études.
L’accompagnement au collège et au lycée : un bilan mitigé
L’accompagnement à l’orientation existe, certes. Reste à savoir s’il répond vraiment aux besoins des jeunes.
Pour un tiers d’entre eux (34 %), la réflexion s’enclenche dès le collège, bien avant Parcoursup. C’est le moment des premiers choix qui donneront le ton aux années lycée : filière générale, technologique ou professionnelle. Pour cette dernière, la spécialisation est immédiate, sans forcément passer par le lycée, grâce à un CAP par exemple. Pour 21 % des jeunes, c’est plutôt en seconde que l’étincelle de l’orientation prend. La première est ensuite une phase plus calme, avant le coup d’accélérateur de la terminale.
Pendant ces années du secondaire, les élèves sont accompagnés par le professeur principal (42 %) et les conseillers d’orientation (38 %). Réunions d’information (29 %), ateliers ou cours dédiés (25 %) complètent cet encadrement.
Cet accompagnement est-il efficace ? Les jeunes sont mitigés. Seuls 18 % lui attribuent une note excellente de 9 ou 10 sur 10. 41 % optent pour une note plutôt bonne, entre 7 et 8 sur 10, et un tiers (34 %) jugent l’accompagnement correct, avec une note de 4 à 6 sur 10. Enfin, 8 % des jeunes attribuent une mauvaise note, entre 1 et 3 sur 10.
20 % des jeunes disent n’avoir reçu aucun accompagnement à l’école et 15 % n’en ont pas eu non plus à la maison.
5 à 6 jeunes sur 10 utilisent l’IA pour s’orienter
Trois ans environ après le boom de l’IA générative, les solutions d’intelligence artificielle s’installent progressivement dans le quotidien des 16-25 ans. Près de la moitié des jeunes déclare utiliser, même « un peu », l’IA à un moment ou un autre de leur parcours d’orientation. C’est principalement pour rédiger des lettres de motivation (60 %), se renseigner sur les métiers (59 %), se renseigner sur les formations et écoles (55 %), découvrir le domaine ou métier qui correspond à leur profil (51 %) et préparer des entretiens de motivation (51 %).
D’un jeune à l’autre, l’IA ne joue pas le même rôle dans le parcours d’orientation : elle est parfois figurante, parfois coéquipière, parfois star du processus. Un constat frappant : près d’un tiers des jeunes (28 % à 32 % selon les usages) ne peuvent plus se passer de l’intelligence artificielle dans leur orientation.
Ils l’utilisent « majoritairement » ou « à parts égales avec d’autres outils » pour plusieurs cas d’usage : se renseigner sur les métiers (32 %), rédiger les lettres de motivation (28 %), se renseigner sur les formations et écoles (25 %), préparer les entretiens de motivation (23 %) et découvrir le domaine ou métier qui correspond à leur profil (22 %). Les 7 à 8 jeunes sur 10 restants l’utilisent « un peu » ou « pas du tout » à ces fins.

L’IA gagne du terrain. Si les 16-25 ans l’adoptent dans leur orientation, c’est qu’elle répond à un besoin précis : gagner du temps. Plus d’un tiers des jeunes se tournent vers l’IA pour obtenir des réponses rapides (35 %).
Plus encore, elle devient, pour certains, une véritable confidente de choix. Une part non négligeable des jeunes font plus confiance à l’IA qu’aux médias et sites d’information (25 %), qu’à Parcoursup (23 %), qu’aux centres et conseillers d’orientation (22 %), qu’aux professeurs (17 %) et même qu’à leurs proches (14 %).

Mais les jeunes ne comptent pas s’arrêter là : ils imaginent aussi l’intelligence artificielle comme un véritable outil d’aide à la décision, capable de les aider à mieux se connaître et à choisir la formation qui leur correspond.
Parmi les solutions IA les plus attendues, tous âges confondus : le conseil personnalisé pour trouver un métier en fonction des passions (40 %), le conseil personnalisé pour trouver la formation ou la filière qui colle à leur parcours et à leurs aspirations (38 %), la simulation de parcours de vie pour faire un choix éclairé (37 %), la mise en relation avec des étudiants ou diplômés (28 %), le coaching pour préparer les entretiens de motivation (28 %) et la génération automatique de lettres de motivation en fonction de leur parcours (25 %).
Plusieurs critères en ligne de mire pour choisir l’établissement de formation
Une fois que les contours de leur avenir se dessinent, les jeunes doivent passer à l’étape suivante : candidater à des formations. Une étape très concrète qui, là encore, n’est pas toujours un long fleuve tranquille.
Pour se frayer un chemin dans l’orientation, les 16-25 ans gardent un cap clair : celui de leurs goûts personnels. Deux tiers des jeunes (66 %) choisissent de candidater à une formation (ou non) en fonction de leur intérêt pour le domaine d’études, qu’ils les jugent modérément importants à très importants. Mais au moment de choisir concrètement une formation, la réflexion se complexifie. Suivre ses envies, oui… mais pas les yeux fermés.

Les jeunes ne se fient pas à un seul critère. Parmi les paramètres qu’ils jugent modérément à très importants, ils jonglent entre la localisation (65 %), les spécialisations de l’établissement (63 %), le salaire de sortie (62 %), la réputation et la durée du programme (61 % chacun), les débouchés professionnels (58 %), les frais d’inscription et les opportunités internationales (55 % chacun).
Pour une partie des 16-25 ans, certains aspects pèsent moins dans la balance : environ un quart d’entre eux n’accordent aucune importance à l’engagement environnemental (28 %), la possibilité d’alternance (26 %), les recommandations des proches (22 %), les classements (21 %) ou les avis en ligne (20 %).
Si 87 % des jeunes considèrent la localisation comme un critère important dans leur choix d’orientation, leurs motivations divergent : 44 % souhaitent rester proches de leur famille, contre 26 % qui recherchent au contraire un éloignement géographique pour s’émanciper. Pour les 30 % restants, l’éloignement familial n’a pas joué de rôle dans leur décision.

82 % des jeunes satisfaits de leur choix
Pour les 16-25 ans, s’orienter signifie devoir faire des choix stratégiques… voire des concessions. 27 % des jeunes ont trouvé une formation qui correspondait à tous leurs critères. Cela signifie que trois quarts des jeunes ont dû faire au moins un compromis. Toutefois, 82 % sont finalement satisfaits de leur choix d’orientation.
Les jeunes qui ont fait des concessions l’ont fait pour privilégier la sécurité (19 %) : entre rêve de grande école et réalité des admissions, la prudence l’emporte souvent sur l’incertitude. Un cursus qui compte de nombreuses places ouvertes et un taux de sélection modéré peut être plus rassurant. Ensuite vient le choix par défaut pour ne pas « perdre une année » (18 %), les contraintes financières (17 %) et le manque de sentiment de légitimité (15 %).
Réorientation : 42 % des jeunes auraient aimé mieux se renseigner
Et quand le premier choix n’est pas le bon ? 22 % des jeunes interrogés sont dans une démarche de réorientation. Car pour beaucoup, trouver sa voie n’est pas un parcours linéaire, mais une série d’essais, d’erreurs et de rebonds. Près de la moitié de ceux qui se sont réorientés expliquent ce choix par un changement de centres d’intérêt ou de projet (45 %). D’autres évoquent un cursus qui ne leur plaît finalement pas (35 %), un mauvais conseil initial (19 %),une pédagogie qui ne leur convient pas (18 %) ou estiment avoir reçu de mauvaises informations (17 %).
En cas de réorientation, les étudiants cherchent surtout à changer totalement de filière (36 %) ou à se tourner vers des études plus courtes (21 %). La plupart envisagent ce virage en milieu d’année (41 %). Et s’ils pouvaient revenir en arrière ? 42 % des réorientés se renseigneraient davantage, 40 % testeraient d’autres expériences et 25 % suivraient davantage leurs envies que celles de leurs parents.
Finalement, entre les conseils des parents et leurs propres passions, les jeunes trouvent leur équilibre. Les parents restent un soutien important, et même en cas de réorientation, les aînés et les proches continuent d’accompagner les 16-25 ans : plus d’un tiers des réorientés (36 %) rapportent une réaction très positive de leur entourage, et 30 % une réaction plutôt compréhensive. Au bout du compte, la majorité des étudiants sortent satisfaits de cette aventure qu’est l’orientation.






