Les étapes de la création d'entreprise lorsque l'on est étudiant

De plus en plus d'étudiants se lancent dans la création d'entreprise. Plusieurs d'entre eux racontent leur démarche entrepreneuriale.

De plus en plus d'étudiants créent leur entreprise.

Créer sa propre entreprise. Un rêve pour de nombreux étudiants. Une réalité pour une minorité. Selon une étude effectuée par BVA et France Active en septembre 2016, 55 % des jeunes aimeraient créer ou reprendre une entreprise, mais seulement 6 % déclarent l’avoir fait. La création d’entreprise est-elle une prise de risque pour un étudiant ? Quelles sont les différentes démarches pour se lancer dans l’entrepreneuriat étudiant ? Les écoles favorisent-elles ces prises d’initiatives ? Plusieurs étudiants, diplômés et un directeur d’école évoquent le sujet.

Le statut d’auto-entrepreneur pour faire ses premiers pas

En 2008, la création du statut d’auto-entrepreneur a été une première étape vers la démocratisation de l’entrepreneuriat. Plus facile d’accès, simplifiant la gestion administrative et permettant de déclarer ses revenus en quelques clics, ce statut donne la possibilité à tout le monde de créer son entreprise en dix minutes.

« J’ai décidé de me mettre en auto-entrepreneur au cours de mes études », lance Sébastien, développeur web dans une start-up parisienne. Le jeune diplômé de 24 ans vante les mérites de ce statut très avantageux pour les étudiants : « Lorsque l’on est étudiant, on peut souscrire à l’Accre (NDLR : l’aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise), ce qui permet de gagner de l’argent en ne payant quasiment aucune charge les trois premières années. » Une chance pour les jeunes qui souhaitent arrondir leurs fins de mois en lançant leur activité.

Une première étape vers la création d’une entreprise (SARL, SA, EURL, etc.) C’est l’expérience qu’a connu Nicolas, 24 ans, chef d’entreprise d’une PME en région parisienne. Après quatre années sous le statut d’auto-entrepreneur, lorsqu’il était étudiant, il a décidé de lancer sa société. « Le statut d’auto-entrepreneur est bien pour les petits revenus. Au bout de quelques années, je dépassais le chiffre d’affaires autorisé, alors j’ai dû lancer mon entreprise », témoigne Nicolas. Une société qui aujourd’hui, a de très belles perspectives d’avenir.

L’entrepreneuriat séduit les étudiants

Depuis quelques années, comme Nicolas, de plus en plus d’étudiants semblent se lancer dans l’entrepreneuriat. « Toutes les enquêtes sur le sujet montrent que les étudiants sont de plus en plus nombreux à vouloir entreprendre. Ils n’ont plus la crainte de l’entrepreneuriat. Ils voient dans la création d’entreprise une forme de liberté, un moyen de s’exonérer des contraintes salariales », explique Dominique Lemaire, directeur de l’IFAG, école de management très portée sur l’entrepreneuriat étudiant.

« Je ne voulais pas entrer dans une entreprise après l'école »

Jean-Christophe Girondin, étudiant à la Paris School of Business, a créé la start-up Evoluko en mars 2016. C’est son envie de « faire bouger les choses » qui l’a poussé à monter son entreprise. « Être entrepreneur, c’est une mentalité, un état d’esprit », lâche-t-il d’emblée. « Si j’ai lancé ma start-up, c’est parce que j’avais envie de créer un projet en partant de zéro, je ne voulais pas entrer dans une entreprise après l’école », expose-t-il.

L’état d’esprit est le même chez Lucas Quinonero, élève en 4e année à l’école centrale de Lyon et cofondateur de la start-up Teedji. « Il faut être passionné pour lancer son entreprise pendant ses études. Le début du projet, c’est 99 % de critiques, et 1 % de critiques constructives, cela peut être démoralisant. Mais il ne faut pas se braquer, écouter, discuter, et avancer », témoigne l’étudiant qui suit actuellement un cursus « Ingénieur - Entrepreneur ».

Des démarches parfois longues, mais indispensables

Mais la création d’entreprise n’est pas de tout repos. « Toute la paperasse administrative a été difficile à remplir. Par exemple, nos statuts juridiques sont très simples, mais ça nous a pris une matinée complète pour les signer. Aux États-Unis, monter une entreprise prend un quart d’heure. En France, c’est très compliqué, il y a beaucoup de documents à remplir, à envoyer. Nous avons mis six mois à ouvrir un compte bancaire : ce sont des choses qui peuvent être décourageantes et qui sont très perfectibles », ajoute-t-il.

Outre les démarches administratives, avant de lancer une entreprise, les étudiants doivent également réfléchir à leur business plan, analyser le marché et trouver de premiers partenaires. « Il faut parler de notre idée à d’autres personnes, pour avoir des retours, qu’ils soient positifs ou négatifs. Il faut aussi s’entourer, créer une équipe solide. Puis, si possible, aller se challenger dans des concours d’entrepreneurs, pour voir si notre projet tient la route », soutient Lucas Quinonero.

Des écoles très impliquées dans la réussite de leurs étudiants

Il y a quelques années, le gouvernement lançait le statut national d’étudiant-entrepreneur. Un statut qui permet aux étudiants de construire, au sein de leur établissement et dans le cadre de leur cursus, le parcours qui les conduira à la réalisation de leur projet, peu importe leur démarche entrepreneuriale. Une initiative qui a permis à de nombreuses entreprises de voir le jour, grâce à l’encadrement des pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITE).

L’engagement des grandes écoles en faveur de l’entrepreneuriat est également important. Aujourd’hui, une grande majorité des écoles de commerce et d’ingénieurs ont mis en place des incubateurs. Le but : mettre à disposition de leurs étudiants créateurs d’entreprises des locaux, des équipements, des experts et des coachs afin de les aider dans leur projet.

« Mon école m'a permis de faire une année de césure entrepreneuriale »

L’IFAG fait partie de ces écoles dont le but est de pousser les jeunes à l’entrepreneuriat. Dominique Lemaire explique la raison d’être d’un incubateur au sein de son école : « Les étudiants ont besoin d’un espace où ils peuvent échanger, partager leurs expériences. Ensemble, les jeunes créateurs peuvent avancer. Puis, ils sont encadrés par des experts et conseillés par un mentor : c’est un réel avantage ».

D’ailleurs, la plupart des élèves confirment que leur école leur a été d’une grande aide durant l’élaboration de leur projet entrepreneurial. « Mon école m’a permis de faire une année de césure entrepreneuriale. Puis, en plus d’avoir un mentor, un professeur d’entrepreneuriat nous a suivis tout au long de notre projet. J’ai également pu aménager mon emploi du temps et j’ai pu profiter du réseau centralien », se réjouit Lucas Quinonero.

Jean-Christophe Girondin aussi, avoue avoir été très aidé par son école. « Nous avons obtenu nos locaux grâce à Paris School of Business. Nous avons eu un véritable accompagnement psychologique, en plus de tout le reste. L’école a été la genèse de notre démarche entrepreneuriale », résume-t-il.

L’entrepreneuriat étudiant : un bel avenir devant lui ?

En pleine campagne pour les élections présidentielles de 2017, la plupart des candidats encouragent l’entrepreneuriat. L’insertion professionnelle difficile des jeunes diplômés dans certains secteurs et la situation catastrophique de l’emploi en France font-elles de l’entrepreneuriat l’avenir du pays ? Tout porte à le croire.

« L'entrepreneuriat est une nouvelle façon de faire de la politique »

« On fait face à une génération qui est beaucoup plus créative, qui a une plus grande soif de libertés. Une génération qui va beaucoup chercher l’information par elle-même et qui risque plus que les générations précédentes. Les étudiants ne cherchent pas forcément à faire fortune, mais surtout à être bien dans leur métier et à se réaliser », argue Dominique Lemaire.

Pour Jean-Christophe Girondin, il ne fait aucun doute que l’entrepreneuriat est « l’avenir » de la jeunesse française. « L’entrepreneuriat est la nouvelle façon de faire de la politique. C’est un moyen de devenir citoyen », conclut-il.

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