Une politique ambitieuse pour ses étudiants. L’école de commerce fait le point sur son plan stratégique qui s’étend de 2020 à 2025. L’hybridation des cursus, au travers le lancement de nouvelles écoles, les transitions et l’international étaient au cœur des préoccupations de SKEMA Business School. Où en est-on aujourd’hui ? Décryptage.
Une hybridation renforcée dans les formations
Dans le sillage de ses annonces sur les ambitions 2025, SKEMA souhaitait équiper ses étudiants d’autres compétences que celles orientées autour du business. L’institution a donc lancé plusieurs écoles sous différentes disciplines : une en droit, une autre en géopolitique, une institution dédiée au design et une école sur le sujet de l’IA, avec l’ouverture d’un institut de recherche au Canada.
Ces établissements disposent tous de leur corps professoral et de leurs propres programmes, avec des partenaires comme POLIMI (Italie) pour l’école de design, Microsoft pour l’école d’IA ou Sorbonne Université, l’IFRI et Sciences Po Aix pour l’école de géopolitique.
Elles proposent toutefois une approche dite “for business”, c’est-à-dire orientée autour des sciences de gestion et du monde de l’entreprise. Cependant, elles permettent d’obtenir des diplômes en propre et de poursuivre ses études dans le secteur visé. Ainsi, une dizaine d’étudiants de l’école de droit de SKEMA ont pu réussir l’examen du barreau en 2023.
L’IA accompagne aussi les étudiants de l’école depuis plus de quatre ans, avec une sensibilisation à ce sujet dès les débuts. Un tuteur virtuel a également été déployé. Baptisé I-Tutor, il permet d’identifier les besoins de remise à niveau sur certains sujets. Cela passe notamment par des résumés de cours et la possibilité de poser des questions sur ses enseignements au moment des révisions. Il génère aussi des QCM afin de mieux se préparer aux examens.
- 145 millions d’euros de budget pour une ambition de 150 millions d'euros en 2025
- 11 000 étudiants aujourd’hui avec comme projet d’arriver au seuil des 12 000 apprenants d’ici à 2025
- 9 campus : dont un centre de recherche à Montréal et une ouverture de campus à Dubaï.
- 40% d’étudiants étrangers sur l’ensemble des campus
Le développement durable en ligne de mire
La business school poursuit sa mue verte. Le lancement de SKEMA Transitions doit accompagner le développement de la recherche et de l’accompagnement étudiant autour de ces enjeux. Pour travailler sur ces chantiers, l’école s’est appuyée sur ses communautés étudiantes présentes aux quatre coins du globe. “La perception du développement durable n’est pas la même au Brésil ou en Chine”, explique Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA.
Une fondation “Higher Education for Good” a été créée pour porter la voix de tous les jeunes à travers le monde. Il s’agit d’un projet collaboratif qui fédère plus d’une soixantaine d’établissements dont Harvard ou ESCP. Un sondage récoltant plus d’un million de contributions met en avant les ambitions de la jeunesse. D’après la directrice de SKEMA, les résultats font ressortir des thématiques liées à la paix, l’entrepreneuriat ou le développement personnel. Avec cette enquête Youth Talks, l’école souhaite amorcer des transitions, tout en prenant en compte les aspirations des jeunesses de tous les pays. “L’idée est de pouvoir avancer en respectant leurs cultures”, ajoute la directrice générale.
SKEMA Transition va aussi bousculer le quotidien des étudiants. L’école va miser davantage sur la diversité, la décarbonation et l’usage éthique du digital et de la data. D’ici 2025, l’école s’engage à former 100% de ses étudiants à ces sujets. En outre, 50% des associations étudiantes auront une mission à impact d’ici 2026.
La diversité passera également par le lancement, dès l’année prochaine, du centre d’accompagnement à la réussite. En sus, 10 millions d’euros en fonds propres seront alloués aux aides financières étudiantes en 2027 (contre 3 millions actuellement).
Un ancrage toujours plus marqué à l’international
Sur le plan international, SKEMA a ouvert une joint school avec NAU en Chine, à Nanjing, qui accueille des étudiants locaux. Mais aussi un tout nouveau campus à Dubaï. Ce dernier accueillera des étudiants dès la rentrée de septembre 2024 au cœur du centre financier de la ville, à proximité directe de City University London.
Pourquoi Dubai ? “Au-delà de sa position géographique, c’est une population extrêmement internationale avec plus de 200 nationalités représentées”, indique Patrice Houdayer, EVP et Vice-Dean de SKEMA. “Dubai, c’est la troisième ville en termes d’attractivité des talents. La quasi-totalité des multinationales mondiales y sont implantées”, complète-t-il. L’école de commerce ne permettra pas uniquement à ses étudiants de se former, mais aussi de pouvoir trouver des stages à Dubaï. Ils seront d’ailleurs accompagnés dans la recherche et la phase de candidature.
Sur ce campus, l’institution espère accueillir, dans un premier temps, 200 étudiants. Plusieurs programmes de niveau master seront proposés dont un cursus dédié à la finance durable et d’autres qui répondent aux spécificités de Dubaï. “Nous allons ouvrir un programme sur la supply chain, le management du luxe et le consulting”, précise Patrice Houdayer.
Ce n’est pas la seule nouveauté côté campus pour SKEMA qui a ouvert sa résidence étudiante sur son antenne parisienne ainsi qu’un tout nouveau bâtiment de 5 000m2 au Brésil, qui vient en remplacement de son ancien campus de Belo Horizonte.
SKEMA travaille toujours sur son projet de campus en Australie dont l’étude préliminaire vient d’être lancée. À l’issue de cette forte internationalisation, l’école imagine d’ailleurs son avenir sur tous les continents, mais aussi en Europe, où l’institution ne possède aucun campus (hormis ceux basés en France, bien sûr).
Cet article a été co-écrit par Mehdi Bautier et Max Arengi.






