Média

Parcoursup 2026 : PSL veut attirer les « bons élèves éloignés des centres-villes »

Tandis que la phase de formulation des vœux s'est ouverte ce lundi 19 janvier sur Parcoursup, l'université Paris Sciences et Lettres (PSL) dresse plusieurs objectifs dont la diversité et la hausse des effectifs.
Publié le
Lecture
Trouver mon école
Quelle école est faite pour toi ?
Prends 1 minute pour répondre à nos questions et découvrir les écoles recommandées pour toi !
Trouver mon école (1min  )
© Postmodern Studio / Adobe Stock

Alors que Parcoursup vient d'ouvrir ses portes, l'Université Paris Sciences et Lettres (PSL) veut élargir son vivier d'étudiants pour la rentrée prochaine. En ligne de mire pour l'établissement, des lycéens méritants, souvent éloignés des centres-villes et des réseaux d'information sur les universités ou qui passent encore souvent sous le radar des formations sélectives.

L'université parisienne, qui rassemble notamment l'ENS, Paris-Dauphine, l'École des Mines ou l'École des Arts Décoratifs, affiche une ambition claire : accueillir 3 000 étudiants supplémentaires d'ici à 2028. Une croissance assumée par PSL, pensée comme un levier de diversification sociale autant que comme un moyen de renforcer son modèle académique.

Une attractivité record, mais des places limitées 

La phase de formulation des vœux Parcoursup 2026 s'est ouverte ce lundi 19 janvier. Si, au niveau national, 630 000 lycéens (+0,8 %) avaient confirmé au moins un vœu sur la plateforme lors de l'édition 2025, l'université Paris-Dauphine-PSL avait affiché une progression avec 26 340 candidatures (+20 % en un an).

Sur le campus parisien, les licences ont attiré 11 715 candidats (+8,4 %). Le revers de la médaille, c'est que des milliers de lycéens bien classés n'obtiennent pas de place. Un constat que dresse El-Mouhoub Mouhoud, le président de l'Université PSL. « Les 15 à 20 % qui ne sont pas pris ont presque le même niveau que ceux qui sont admis. C'est un peu du gâchis », a-t-il affirmé. D'où la volonté de la part de la faculté d'augmenter leurs capacités d'accueil.

Les Paris Schools : de nouvelles formations pour augmenter les effectifs 

Pour augmenter ses effectifs sans surcharger ses formations actuelles, l'université parisienne annonce la création de nouvelles structures appelées Paris Schools, regroupées par discipline. « On n'augmente pas nos effectifs dans ce qui existe déjà dans nos établissements, qui sont déjà contraints », explique le directeur de PSL, avec l'objectif ambitieux de passer de 17 000 à 20 000 étudiants d'ici à 2028.

La première, Paris School of AI (PAI),  a ouvert à la rentrée 2025 avec 250 étudiants et devrait en accueillir 300 l'an prochain. Adossée à PRAIRIE, l'institut parisien de recherche en intelligence artificielle, l'école propose des parcours de la licence au doctorat, complétée par cinq programmes de formation continue.

Dauphine-PSL, l'ENS et les Mines contribuent à l'enseignement. « Je sais qu'il y a des gens qui disent que vous n'avez plus besoin de vous former. Nous, on pense au contraire qu'il faut former nos étudiants au plus haut niveau à l'IA en combinant avec une autre discipline », précise le président.

En outre, la Paris School of Engineering (PSE) suivra dès la rentrée 2026. « On ne va pas faire la même chose que ce que font nos ingénieurs de très haut niveau à l'ESPCI, aux Mines ou à Chimie ParisTech », précise El-Mouhoub Mouhoud. Les trois écoles s'associent pour proposer un bachelor international dispensé en anglais. Les deux premières années se déroulent sur le campus Pierre Laffitte au campus des Mines – Sophia Antipolis dans le sud de la France, la troisième à Paris ou à l'étranger. Les étudiants pourront poursuivre en quatrième année pour décrocher un double diplôme avec l'Université RWTH Aachen en Allemagne. La formation se veut généraliste et orientée vers le développement durable.

🎓 Les chiffres clés de l'université PSL

  • 13 établissements composantes
  • 17 000 étudiants
  • 2 200 chercheurs
  • 3 organismes de recherche
  • 140 laboratoires et 90 start-up créés

Trois établissements sont en préparation. D'une part, la Paris School of Climate Change qui réunit 150 chercheurs travaillant sur le changement climatique, la biodiversité et les transitions sociales, en croisant sciences expérimentales, sciences sociales et arts. D'autre part, la Paris School of Arts et la Paris School of Humanities rassembleront les écoles d'art de PSL et les établissements spécialisés en sciences humaines comme l'École pratique des hautes études ou l'École nationale des chartes, avec un accent sur les humanités numériques.

Attirer les bons profils « éloignés des centres-villes »

Pour l'université, ouvrir plus de places ne suffit pas, il faut aussi que les bons profils candidatent. Or, les formations sélectives de PSL restent « un petit peu méconnues », reconnaît Dorothée Butigieg, vice-présidente déléguée au premier cycle et à l'égalité des chances de l'université. « Avec l'ouverture de Parcoursup, on essaie vraiment de faire connaître nos formations, parce que malgré tout elles ne sont pas très connues », explique-t-elle, avant d'ajouter : « il y a d'autres publics qu'on cherche à atteindre, de très bons élèves un peu éloignés des centres-villes ». 

Derrière cette formule, le président de PSL fait le pari de la diversité. « L'excellence en soi, pour soi, n'a aucun intérêt. C'est l'excellence pour la société et pour la diversité », martèle El-Mouhoub Mouhoud. Il poursuit : « La diversité permet de réduire la défiance dans les relations sociales, elle permet aussi de réduire l'aversion aux risques dans l'innovation, dans l'entrepreneuriat ». L'université PSL revendique aujourd'hui 30 % de boursiers en premier cycle universitaire.

Pour attirer ces profils, à l'image de certaines écoles d'ingénieurs, ces établissements vont appliquer des droits d'inscription progressifs en fonction des revenus des parents. Le président de l'université n'hésite pas à critiquer le système actuel. « Si vous faites payer 175 euros à tout le monde de la même manière, quel que soit le revenu des parents, vous donnez une subvention déguisée aux riches d'environ 30 %. Ce sont les riches qui capturent les subventions ».

Enfin, l'ouverture internationale constitue un autre levier. Selon la direction, les campus de Dauphine-PSL à Londres et Madrid ont enregistré des hausses importantes de candidatures en 2025, avec respectivement +67 % pour le premier et +80 % pour le second. Des formations dispensées en langue anglaise qui attirent aussi bien des étudiants français souhaitant vivre l'expérience internationale que des candidats étrangers.

Trouve ton diplôme en 1 min avec Diplomeo !

Trouver mon école

Plus de contenus sur Parcoursup

Toutes les actualités