Tout savoir sur les périodes d'essai

La période d'essai demeure assez floue pour l'ensemble des jeunes diplômés. De la durée à son renouvellement, voici tout ce qu'il y a à savoir.

essai

Concrètement, qu’est ce qu’une période d’essai ?

Une période d’essai est un temps bien défini dans un contrat de travail signé. Elle est préalable à la prise de poste définitive et permet de s’assurer que l’employé correspond au poste et inversement, que le poste convient aux attentes du salarié. Yannick Castel est manager-recruteur dans un groupe de restauration. Il accompagne également de jeunes entreprises dans leur développement. Chaque année, ce breton procède à une quarantaine de recrutement pour ses équipes. Il explique : « La période d’essai, c’est une soupape de sécurité. Un moyen d’apprendre à se connaître et se vérifier, des deux côtés ».

La période d'essai est-elle obligatoire ?

En aucun cas. « Mais je conseille d’en inscrire une dans le contrat. Il m’est arrivé d’aider des start-up à recruter des ingénieurs et elles ne comptaient pas faire de période d’essai, explique Yannick Castel. Un salarié peut avoir passé toutes les étapes de recrutement, le premier mois peut très bien se passer, puis le deuxième moins bien et ainsi de suite. Il faut accepter l’idée qu’on peut se tromper lors d’une embauche et ne pas prendre de risque inutilement. »

Combien de temps dure la période d'essai ?

La durée de ce test dépend du poste visé (CDD, CDI ou intérim) et de la catégorie socioprofessionnelle. La durée maximale est fixée en fonction de ses deux critères.

  • Dans le cadre d’un CDI, pour les ouvriers et les employés, elle est de 2 mois ; 3 pour
    les agents de maitrise et techniciens et 4 pour les cadres.

  • Pour un CDD, la période d’essai varie selon la durée du contrat. Il faut compter un jour
    d’essai par semaine travaillée. Un CDD de 3 semaines comptera, par exemple, 3 jours d’essai. Attention, ce calcul est limité à 15 jours d’essai maximum pour un contrat de moins de 6 mois et à 1 mois pour un CDD de plus de 6 mois.

  • Lors d’une mission d’intérim, l’essai dure 1 jour pour les contrats d'1 mois ou moins ; 3 jours pour les contrats entre 1 et 2 mois et 5 jours pour les contrats de plus de 2 mois.

Combien gagne-t-on pendant la période d'essai ?

Durant la période d’essai, la rémunération est la même que celle fixée dans le contrat.

Comment bien réussir sa période d’essai ?

« La clé, c’est la communication et l’échange entre les parties. Il faut faire des points réguliers pour juger si l’essai se passe bien pour l’un et l’autre », estime Yannick Castel. Attention aussi au stress et à la pression que peut engendrer ce temps. Marina Winzer se souvient de son entrée au service culture d’une collectivité bretonne, en novembre 2015. « J’ai donné mon maximum lors de ces deux mois d’essai, c’est ce qu’il faut faire mais sans se mettre trop de pression. Il faut rapidement se mettre dans le bain, comme si on allait passer le cap de la période d’essai et surtout ne pas se dire que le verdict va tomber dans tant de jours. »

En somme, le conseil à retenir est de faire de son mieux sans se mettre une pression inutile qui risquerait de fausser votre image et la réalité de votre travail.

Que se passe-t-il une fois la période d'essai terminée ?

Une fois le temps d’essai terminé, il peut être renouvelé une fois. La prolongation ne peut être supérieure à la durée initiale de l’essai. Par exemple, la période d’essai d’un employé en CDI, fixée à 2 mois, pourra être prolonger pour atteindre 4 mois d’essai au maximum. Cette possibilité de renouvellement doit être précisée en amont dans le contrat, et un avenant doit être signé par les deux parties.

Que se passe-t-il si l'essai est concluant ?

S'il n’est pas nécessaire de rallonger l’essai et qu’il s’est avéré concluant, le salarié enchaine automatiquement avec la suite de son contrat.

Et si la période d'essai n'a pas été concluante ?

Dans la situation où l’une des parties prenantes du contrat souhaite rompre la période d’essai, il existe des délais de prévenance.

  • Pour l’employeur, il est de 24 heures, si l’employé a passé moins de 8 jours dans l'entreprise ; 48 heures, pour 8 jours à 1 mois de présence ; 2 semaines, pour 1 à 3 mois de présence et 1 mois, pour plus de 3 mois de travail.

  • Du côté du salarié, il est de 24 heures s'il a passé moins de 8 jours dans l'entreprise et 48 heures à l'avance pour une durée plus importante.

Il n’est pas obligatoire de justifier la rupture. Si elle émane de l’employeur, elle ne doit évidemment pas comporter de caractère abusif (lien hypertexte : https://www.service- public.fr/particuliers/vosdroits/F1848), auquel cas le tribunal des prud’hommes peut être saisi.

Lorsque que c’est l’employeur qui casse le contrat, le salarié peut percevoir des indemnités de Pôle Emploi. Dans le cas contraire, le salarié est considéré comme responsable de la rupture du contrat, le versement d’indemnités n’est donc pas automatique. 

Retour en haut de page