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STAPS, droit, médecine : le défi des formations en tension sur Parcoursup 

Sur Parcoursup, les filières STAPS, droit et PASS/LAS concentrent les plus fortes tensions. Derrière les chiffres nationaux se cachent des disparités régionales et des stratégies que les lycéens déploient pour décrocher une place.
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Alors que la phase de dépôt de dossiers Parcoursup touche à sa fin le 1er avril, des milliers de lycéens attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Et parmi l'offre de formations disponibles, certaines cristallisent les tensions : STAPS, droit et PASS/LAS.

Chaque année, des milliers de candidats visent donc ces mêmes formations très demandées. Avant même les réponses, ils affrontent une compétition invisible : est-ce que leur dossier tiendra le coup ? Faut-il se résigner à un plan B ? Quelles stratégies adopter pour sécuriser sa place ? Diplomeo a épluché les données Parcoursup pour comprendre les enjeux entre les universités et identifier comment se démarquer parmi la kyrielle de candidatures.

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STAPS, droit, médecine : combien de candidats pour combien de places ?

Selon les données Parcoursup 2025 du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, la licence de droit, la licence STAPS et le parcours PASS/LAS enregistrent un fort taux de candidature.

Ces trois formations ont un point commun : elles attirent massivement. La licence droit séduit pour ses débouchés variés (avocat, magistrat, juriste d'entreprise), tandis que la licence STAPS attire ceux qui veulent conjuguer sport et études, avec l'idée de devenir prof d'EPS, coach ou kiné. Quant au PASS/LAS, c'est la voie royale vers les métiers de la santé : médecin, dentiste, pharmacien, etc.

Les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur sont vertigineux. Ainsi, l’année dernière, 1,6 million de candidatures se bousculent pour 47 663 places en PASS/LAS. En STAPS, plus de 104 000 lycéens visent 7 961 places. En droit, 605 000 candidats pour 51 755 places. Le calcul est simple : 33,9 candidats par place en médecine, 13,2 en STAPS, 11,7 en droit.

Un chiffre qui n’est pas prêt de s’estomper, loin de là. « Cette année on a reçu 6 400 candidatures, donc une augmentation de quasiment 2 000 candidats par rapport à l'année dernière», confirme Nelly Ferreira, doyenne de la faculté de droit à CY Cergy Paris Université.

Comment expliquer ce phénomène ? Selon cette dernière, faire des études de droit constitue, dans la tête des lycéens « une filière sécurisante » pour leur avenir. « Avec un master de droit, on trouve du travail sans grosses difficultés, surtout en période de chômage. Et puis, cela offre énormément de débouchés très différents : droit social, droit des affaires, droit public... Une multitude de matières et de carrières possibles », ajoute-t-elle.

Parcoursup : quelles régions concentrent le maximum de candidatures ? 

Si les moyennes nationales cachent des disparités selon les régions, c’est en Île-de-France où la tension est la plus forte. De fait, selon le lieu de résidence, tous les candidats n'auront pas les mêmes chances.

Licence de droit : les universités franciliennes en tête 

Pour les inscriptions en L1 de droit, la région parisienne arrive largement en tête avec un ratio de 18 candidats par place. Les facultés de la région Auvergne-Rhône-Alpes (14,7) et d’Occitanie (11,7) complètent le podium.

À l'inverse, des régions comme la Normandie (5,4) ou la Corse (3,4) affichent des ratios bien plus bas. Ces écarts s'expliquent en partie par la concentration des universités reconnues dans certaines régions, notamment en Île-de-France où se trouvent l’université Paris-Panthéon-Assas, l’université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne dans la capitale ou encore l’université Paris-Nanterre dans les Hauts-de-Seine.

RangÉtablissement Capacité d’accueil en 2025Candidatures en 2025Ratio
1Université Paris Cité101604160,4
2Université de Bordeaux102230140,9
3Université Sorbonne Paris Nord324175130,5
4Université Paris Panthéon Assas Campus de Paris (75) et Campus de Melun (77)10 à Paris / 35 à Melun1301 / 4023130,1 / 114,9
5Université Paris 1 Panthéon Sorbonne606655110,9
6Sciences Po Lyon 6605100,8
7Université Paris Est-Créteil - Val de Marne30237379,1
8Université Paris-Saclay (Campus d’Évry) 45351278,0
9Aix-Marseille Université36266173,9
10Université de Montpellier30221273,7

Le top 10 révèle une réalité souvent masquée par les moyennes : plus la capacité d'accueil est faible, plus le ratio s'envole. À l’université Paris Cité, 10 places seulement génèrent un ratio de 160,4, tandis qu'à Paris 1, 60 places permettent d'absorber 6 655 candidatures avec un ratio de 110,9. Même constat à Sciences Po Lyon : avec 6 places pour 605 candidatures, le ratio grimpe à 100,8.

Géographiquement, l'Île-de-France concentre 7 universités sur 10 dans ce classement. Dans les autres régions, des universités comme Bordeaux (140,9), Aix-Marseille (73,9) ou Montpellier (73,7) montrent que la tension se retrouve dans les grandes villes universitaires de l’Hexagone.

À CY Cergy Paris Université, Nelly Ferreira détaille cette mécanique des capacités. « On propose 5 formations, la L1 classique, c'est 630 places pour plus de 6 400 candidatures. Le DU droit anglo-américain, 150 places pour 1 000 candidatures. Le DU droit espagnol, 60 places pour 280 candidatures. La double licence droit-éco ouverte l'année dernière, 70 places pour 770 candidatures. Et le collège de droit qu'on vient d'ouvrir, 30 places pour 250 candidatures. Tout est en augmentation chez nous », explique-t-elle.

PASS/LAS : des ratios élevés partout en France

En PASS/LAS, les ratios grimpent partout. L'Île-de-France affiche 63,4 candidats par place, l'Occitanie46,5, et la Bourgogne-Franche-Comté33,8. Même les régions les plus "accessibles" comme les Pays-de-la-Loire (25,3) ou la Normandie (17,3) restent sous forte tension. Des chiffres qui reflètent l'attractivité des métiers de la santé et le nombre très limité de places disponibles.

RangÉtablissement Capacité d’accueil en 2025Candidatures en 2025Ratio
1Université Bourgogne Europe, campus de Dijon21682841,0
2Université Sorbonne Paris Nord, site de Bobigny107679767,9
3Sorbonne Université52233446,6
4Université Paris-Cité4015 474386,8
5Université Paris-Saclay (Orsay)3511 987342,5
6Université Claude Bernard - Lyon 14010 887272,2
7Université de Versailles Saint-Quentin4010 376259,4
8Université de Toulouse255740229,6
9Université de Montpellier 102075207,5
10Université de Bretagne Occidentale (Brest)101962196,2

Le top 10 des universités qui connaissent la tension la plus élevée montre l'ampleur du phénomène. L'Université de Bourgogne Europe pulvérise tout avec un ratio de 841,0 pour seulement 2 places. La raison? Il s'agit d'un parcours PASS spécifique avec une capacité d'accueil très réduite.

L’université Sorbonne Paris Nord suit avec 767,9 pour 10 places et Sorbonne université affiche 446,6 pour 5 places. Même les universités avec des capacités plus importantes affichent des ratios impressionnants : Paris Cité (386,8 pour 40 places), Lyon 1 (272,2 pour 40 places) et Toulouse (229,6 pour 25 places).

Contrairement à la licence de droit, où les capacités d'accueil varient fortement, les formations PASS/LAS affichent des ratios systématiquement élevés, quelle que soit la région. Le numerus clausus en médecine maintient une sélectivité importante partout en France.

STAPS : Montpellier, Bordeaux et Lyon en tête

Enfin, pour la licence STAPS, l'Île-de-France qui affiche le ratio régional le plus élevé avec 22,2 candidats par place. Suivent l'Occitanie (17,1) et la Nouvelle-Aquitaine (16,6). À l'autre bout, la Corse (6,2) et le Grand-Est (7,5) respirent un peu mieux.

Mais comme pour le droit et PASS/LAS, les chiffres nationaux cachent des situations extrêmes dans certaines universités. Montpellier caracole en tête avec un ratio de 207,5 pour seulement 10 places. Bordeaux suit avec 97,4 pour 30 places, puis Lyon 1 (95 pour 30 places) et UPEC Paris (93 pour 25 places).

RangÉtablissement Capacité d’accueil en 2025Candidatures en 2025Ratio
1Université de Montpellier102075207,5
2Université de Bordeaux30292397,4
3Université Claude Bernard - Lyon 130285195
4Université Paris-Est Créteil (UPEC)25232693
5Université de Lille1085385,3
6Université Paris Nanterre35290282,9
7Université du Littoral - Site de Dunkerque1080380,3
8Université Rennes 2 30229676,5
9Université Paris-Saclay, campus d’Orsay20148574,2
10Université de Perpignan, site de Font Romeu15102868,5

Même les formations avec des capacités légèrement supérieures restent sous forte pression : l’université Paris-Nanterre affiche 82,9 pour 35 places, Rennes 2 atteint 76,5 pour 30 places. Le constat est clair : plus la capacité est faible, plus le ratio s'envole. Les universités avec seulement 10 à 15 places (Montpellier, Lille, Dunkerque, Perpignan) affichent toutes des ratios supérieurs à 68.

Filières en tension : quelles stratégies adopter ?

Derrière ces ratios, il y a des lycéens qui se lancent dans la course malgré tout. « J'étais en filière technologique, donc déjà je n'avais pas beaucoup de chance d'y entrer » explique Alicia, étudiante en L1 STAPS à l'université Côte d'Azur, qui a tenté sa chance lors de la procédure Parcoursup l’année dernière.

Pour compenser, Alicia a multiplié les activités extra-scolaires et ajouté tout cela dans sa lettre de motivation Parcoursup. « J'entraîne une équipe de jeunes au foot. J'ai aussi passé des formations et je pense que ça a beaucoup joué ». Résultat : lors de la phase principale d’admission en juin, elle a été placée en liste d'attente pendant une semaine avant d'être acceptée. « C'est des gens qui étaient avant moi et qui ont refusé le vœu. C'était un grand soulagement », se réjouit-elle.

Contrairement à certains lycéens qui élargissent leur recherche géographiquement, elle n'a pas cherché à jouer la carte des universités moins demandées. « J'ai juste mis par rapport à mon lieu de résidence. À Nice mais aussi à Paris, car mon père habite dans la capitale ». Une stratégie qui mise tout sur le dossier plutôt que sur la dispersion des vœux.

Pour ceux qui hésitent à viser une formation en tension, son conseil est clair : « Même si son dossier n'est pas super, il y a toujours des choses à rajouter. Même le stage de troisième, si c'est en rapport avec STAPS... Il faudrait essayer de gratter un peu partout ».

Et cela vaut le coup : une fois admis, l'ambiance en licence de STAPS tranche avec l'image de la compétition. « En STAPS, il y a un véritable esprit d'entraide. S'il y en a un qui est en difficulté, il y en a toujours un autre pour venir l'aider. On fait des sports collectifs, donc on a l'habitude de se serrer les coudes », raconte l'étudiante niçoise.

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