En 2025, 32,8 % des étudiants admis en master ont changé d’académie une fois leur licence en poche, alors que la mobilité étudiante demeure moins courante juste après le bac. Autrement dit, nombre d’étudiants font leurs premières armes près de chez eux avant de prendre le large, avec de fortes différences d’une formation et d’une académie à l’autre.
Quelles formations comptent le plus d’étudiants venus d’ailleurs ? Quelles académies en accueillent le plus en master ? Diplomeo a passé en revue les données Parcoursup et Mon Master 2025 pour retracer ces trajectoires, du post-bac au bac+5.
Près de 23 % des néo-bacheliers quittent leur académie
Changer d’académie une fois après le lycée reste l’affaire d’une minorité de bacheliers. En effet, 22,7 % des néo-bacheliers en 2025 ont changé d’académie, soit plus de 110 000 jeunes sur les 485 250 admis.
En revanche, les titulaires du bac qui se dirigent vers une école de commerce ou une école d’ingénieurs, sont respectivement 42,9 % et 45,2 % à venir d’une autre académie. À l’autre bout du classement, cette part tombe à 13,6 % en BTS et à 12,6 % en PASS (soit plus de 3 fois moins). Les néo-bacheliers qui entrent en classe préparatoire (27,8 %), en BUT (24,1 %) et en licence (21,7 %) restent proches de la moyenne.
Pourquoi de tels écarts ? D’abord, car certaines formations sont bien plus faciles à trouver près de chez soi. En 2025, plus de 1 000 communes de France proposent des BTS en France hexagonale, contre une centaine seulement pour les écoles d’ingénieurs ou les business schools. Un futur étudiant dans ce cursus de niveau bac+2 a donc toutes les chances d’en trouver un à côté de chez lui, alors qu’intégrer une école oblige plus souvent à déménager. D’autant plus que beaucoup recrutent via des concours communs qui ouvrent les portes de plusieurs établissements aux quatre coins du pays.
La filière PASS fait figure d’exception, puisqu’elle n’est proposée que dans 36 communes de l’Hexagone et compte pourtant le moins d’admis venus d’ailleurs. Une des explications tient aux règles de Parcoursup, qui donnent la priorité aux candidats de l’académie en licence et en PASS, lorsque les places viennent à manquer.
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Mobilité : près d’1 étudiant en master sur 3 fait ses valises
Quelques années plus tard, au moment d’entrer en master, la mobilité change d’échelle. Ainsi, 32,8 % des étudiants admis via Mon Master en 2025 venaient d’une autre académie que celle où ils étudiaient l’année précédente, soit 10 points de plus qu’à la sortie du lycée.
Cette hausse ne se limite pas à quelques filières. Entre la licence et le master, la part d’étudiants venus d’ailleurs progresse dans toutes les disciplines.
Les étudiants en sciences et STAPS sont ceux qui bougent le plus entre la licence et le master, avec près de 2 fois plus d’admis venus d’une autre académie. En droit, la hausse talonne celle des sciences, tandis qu’en lettres et en économie, la part d’admis venus d’ailleurs progresse plus tranquillement.
Sur la Côte d’Azur, la part d’étudiants venus d’ailleurs double en master
L’académie de Nice enregistre la plus forte hausse de l’Hexagone. En 2025, 21,3 % des néo-bacheliers admis venaient d’une autre académie, contre 42,6 % des admis en master, soit deux fois plus.
La tendance se retrouve presque partout en France. Les hausses les plus fortes concernent les académies de Bordeaux, Nancy-Metz et Nantes, avec plus de 17 points d’écart entre le bac et le master. L’académie de Poitiers affiche de son côté le taux record en master, avec 46,3 % d’admis venus d’ailleurs.
Seules trois académies échappent à la règle : Lyon, Paris et Limoges. Dans ces secteurs, la part d’étudiants venus d’ailleurs recule légèrement en master. Dès le bac, les étudiants qui viennent d’autres académies sont déjà 40 % à Lyon et à Limoges.
Enfin, pour la capitale, le chiffre est aussi tiré vers le bas par le mode de calcul. Un étudiant qui arrive des académies de banlieue parisienne – Versailles ou de Créteil – n’est pas compté comme venu d’ailleurs, car les données regroupent toute l’Île-de-France.