Que penser des classements des écoles de commerce  ?

L’Étudiant, Challenges, Le Parisien Étudiant, Le Figaro Étudiant, etc. : chaque année, de nombreux médias publient des palmarès des écoles de commerce. Que penser de ces classements ?

Que penser des classements des écoles de commerce ?

« Les classements des écoles de commerce, c’est fiable ? » À chaque rentrée, beaucoup de jeunes se posent cette question. Pour Diplomeo, trois directeurs d’écoles donnent leur avis sur les différents classements d’écoles de commerce.

Quelle opinion avez-vous sur les différents classements des écoles de commerce ?

Dominique Lemaire, directeur de l’Ifag : Il est important qu’il y ait des classements, car cela permet à beaucoup d’étudiants de pouvoir se positionner. Et cela a comme vertu de tous nous faire aller vers l’excellence. Malgré tout, le problème est que nous retrouvons quasiment toujours les mêmes écoles aux mêmes classements.

« Je suis très dubitative quand je vois certains classements »

François Bonvalet, directeur de Toulouse Business School : Il est compliqué de faire un très bon classement dont la validité soit indiscutable, car il y a une multitude de critères à prendre en compte. Pour qualifier l’international, par exemple, il y a une trentaine de critères à prendre en compte. Beaucoup de classements sont donc obligés de simplifier la réalité.

Florence Legros, directrice générale d’ICN Business School : Je suis très dubitative quand je vois certains classements. Et aussi, lorsque je vois l’instabilité qu’il peut y avoir dans ceux-ci. Certains manquent de rigueur et les critères peuvent être discutables.

Est-il important pour vous de bien figurer dans les classements des écoles de commerce ?

François Bonvalet : Bien-sûr, c’est important. Mais on ne fait pas un axe stratégique des classements, car les pondérations des critères peuvent changer. En revanche, nous en faisons un élément de jugement du marché. Nous essayons d’analyser les classements en profondeur, de comprendre leur méthodologie. Et lorsqu’on ne comprend pas, nous écrivons aux journalistes : pas pour faire un scandale, mais pour comprendre.

« Il y a des classements extrêmements opaques »

Florence Legros : Beaucoup de personnes sont anti-classements. Lorsque l’on représente une école de commerce, il est difficile de se dire que l’on s’en absout complètement.

Dominique Lemaire : Nous ne figurons pas dans les classements des écoles de commerce par choix. L’IFAG a fait le choix du professionnalisme et ne souhaite pas dénaturer sa pédagogie opérationnelle en s’alignant sur les critères académiques réclamés dans les classements.

Que faudrait-il faire pour améliorer les classements des écoles de commerce ?

Florence Legros : Il y a quand même des classements extrêmement opaques, avec des écoles qui oscillent entre la 12e et la 20e place. Ces supports devraient être plus transparents sur la méthodologie employée et exposer clairement les critères pris en compte. Cela permettrait à la fois de faciliter la lecture et de crédibiliser ces classements auprès du public. Puis, cela donnerait la possibilité aux écoles de pouvoir identifier des axes de progression.

« Peut-être qu'il y a un peu trop de classements »

Dominique Lemaire : Sur le critère de rémunération par exemple, on peut vraiment s’étonner de la différence entre les enquêtes des entreprises et le déclaratif des écoles de commerce. On a l’impression que c’est la course à l’échalote.

François Bonvalet : Nous considérons trois ou quatre classements comme étant assez sérieux et crédibles. Lorsque ce n’est pas le cas, nous essayons de nous en prémunir. En France, peut-être qu’il y a un peu trop de classements. Ce ne serait pas idiot si deux ou trois supports s’alliaient et mettaient leurs moyens en commun.

Que pensez-vous des critères choisis par les médias pour faire les classements ?

Dominique Lemaire : Je milite pour que dans les classements, on reconnaisse à leur juste valeur les diplômes reconnus par la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle). Les classements doivent prendre beaucoup plus en compte la professionnalisation des formations. Quelle est l’insertion professionnelle six mois et un an après l’obtention du diplôme ? Les jeunes diplômés deviennent-ils salariés, agents de maîtrise, cadres ? Quel est le taux d’étudiants qui exercent aujourd’hui un métier correspondant à la formation qu’ils ont eu ? Tous ces critères sont à prendre en compte, et ce n’est pas le cas actuellement.

Florence Legros : Les critères comme la barre d’admissibilité, statistiquement, ça ne veut rien dire. On s’est mis en tête que ça avait un sens, mais ça n’en a aucun, et nous sommes plusieurs à le penser. Autres critères quelquefois utilisés : les frais de scolarité, qui vont être un gage de qualité, et l’ouverture sociale, qui va être un gage d’ouverture. Qu’on me montre en quoi ces deux critères sont importants vu qu’ils s’annihilent tous les deux.

Antoine Glikman