François Bonvalet : « La dynamique des Comue a complètement laissé de côté certains établissements »

François Bonvalet, directeur de Toulouse Business School, évoque les différents projets de l’école de commerce toulousaine. Il fait un bilan sur ses premières années à la tête de TBS et évoque ses ambitions pour l’avenir.

François Bonvalet TBS

Depuis octobre 2014, il est le directeur de Toulouse Business School. Quel bilan tire-t-il de ses premières années à la tête de l'école ? Quels projets a-t-il pour l'avenir ? François Bonvalet, directeur de Toulouse Business School (TBS), répond à à toutes ces questions.

Une école généraliste et un gros réseau des anciens

Quelles sont les spécificités de Toulouse Business School ?

Nous sommes une école de management généraliste et nous essayons de cibler l’ensemble des programmes qui peuvent intéresser le marché.

Nos diplômés sont plus nombreux que ceux des autres écoles à trouver un emploi dans le secteur de l’industrie. De manière générale, dans les autres écoles, ils sont 8 à 10 %. À TBS, ils sont 26 %. Assez tôt dans leur scolarité, les étudiants ont des possibilités de contact avec l’industrie, notamment locale. Ce qui leur offre des possibilités de stages ou d’alternance. Lorsqu’ils terminent leurs études, ils identifient donc rapidement qu’il est très intéressant de trouver un emploi dans ce secteur.

« Quand un étudiant intègre Toulouse Business School, il fait tout de suite partie de l’association des anciens »

Autre spécificité : nous faisons partie des écoles qui ont des campus à l’étranger. Nous utilisons ces campus de façon mixte. Certains groupes utilisent leurs campus pour accueillir leurs propres étudiants, d’autres pour développer leurs activités sur place avec des étudiants étrangers. Nous avons fait le choix de faire un mix des deux : nous accueillons nos étudiants et nous en recrutons d’autres sur place.

Pour finir, TBS a toujours eu une très bonne qualité académique, notamment en termes de production de recherche. Nous avons la chance d’avoir des enseignants-chercheurs qui produisent des articles de qualité et nous allons accentuer cette particularité ces prochaines années.

Qu’est-ce qui différencie vos diplômés de ceux des autres écoles de commerce françaises ?

L’appartenance à un réseau. Quand un étudiant intègre Toulouse Business School, il fait tout de suite partie de l’association des anciens, sans rien payer. Et évidemment, il la gardera cette adhésion tout au long de sa vie. C’est un plus, car même pendant leurs études, ils peuvent commencer à utiliser ce réseau.

Ensuite, si l’étudiant veut avoir un parcours sécurisé, mais bouger un peu dans d’autres villes à l’international, il peut le faire. On offre une souplesse sur les différents parcours.

Puis, on met des ressources et un effort particulier pour l’accompagnement des étudiants dans tout leur parcours de maturation et dans le choix des bons stages par exemple. Un accompagnement de l’étudiant au plus près des métiers vers lesquels il peut ensuite s’orienter.

Bilan et projets

Vous avez plusieurs campus à l’international, à Londres, Barcelone ou encore Casablanca. Quelles sont vos perspectives ces prochaines années sur ce volet-là ? Pensez-vous ouvrir de nouveaux campus à l’étranger ?

Oui, nous regardons deux destinations d’assez près : le Moyen-Orient et l’Asie. Le Moyen-Orient, car il y a des besoins de formation, notamment au niveau bachelor. Puis les principaux clients des compagnies aéronautiques sont présents. Dubai, le Qatar, le Liban : on se laisse une bonne année avant de se décider. Des contacts existent déjà avec des partenaires locaux, puis nous avons déjà quelques partenariats là-bas.

« J’ai pu développer un certain nombre de points cruciaux sans dégrader notre rentabilité »

Puis il y a l’Asie. Nous regardons ce continent sans avoir un projet très structuré de construction d’un véritable campus. Il y a déjà beaucoup d’écoles de commerce françaises présentes en Asie.

Sur les campus déjà existants, nous avons également de beaux projets de développement :

  • Sur Barcelone, nous allons devoir prendre des mètres carrés en plus, car nos bâtiments en centre-ville implosent. Et nous allons diminuer le nombre d’étudiants venant de Toulouse pour augmenter le nombre d’élèves étrangers. Nous allons également renforcer le corps professoral.
  • Sur Casablanca, nous avons tout changé. Nous avons recruté un nouveau directeur, et nous allons bientôt annoncer un partenariat avec une des meilleures universités marocaines dans le domaine du business. Nous venons également de prendre un bâtiment de 4000 mètres carrés que nous allons inaugurer dans les mois qui viennent. Et nous allons lancer un nouveau bachelor généraliste.
  • Sur Londres, nous venons d’ouvrir le campus. Normalement, l’année prochaine verra la création d’un statut juridique, afin de pouvoir lancer un premier programme propre au site début 2017.

Il y a quelques semaines, lors d’une conférence de presse donnée dans vos nouveaux locaux parisiens, vous avez présenté un bilan de votre action ces dernières années. Quelle est votre principale satisfaction ?

La première, c’est d’avoir conduit à bonne fin le changement de statut (NDLR : TBS est devenu un EESC, voir un peu plus bas). C’était une très grosse opération juridico-technico financière. Nous l’avons fait dans les temps, alors que ce n’était pas gagné.

« La dynamique des Comue a complètement laissé de côté certains établissements. »

La seconde, c’est que lorsque je regarde l’évolution globale de l’école, elle est plutôt favorable, notamment dans les classements.

La troisième, c’est que j’ai pu développer un certain nombre de points cruciaux — l’augmentation du corps professoral et internationalisation de l’école — sans dégrader notre rentabilité.

Avez-vous un ou des regrets ?

J’en ai un. Je ne crois pas que nous ayons encore trouvé notre place dans la Comue (NDLR : TBS fait partie de la Comue UFTMIP). Elle peut être un très bel outil, mais nous avons beaucoup de mal à la structurer. Pour l’instant, nous sommes plus en observation qu’autre chose. La dynamique des Comue a complètement laissé de côté certains établissements. Avec les universités, nous n’allons pas à la même vitesse, c’est donc compliqué de faire les choses ensemble.

Nous attendons de voir ce que cela va donner dans l’avenir. Nous sommes ravis d’en faire partie, mais nous nous n’y retrouvons pas parfaitement aujourd’hui. C’est le seul point de déception.

Une école qui progresse dans les classements

Vous évoquiez tout à l’heure le fait que TBS soit maintenant devenu un EESC (établissement d’enseignement supérieur consulaire). Concrètement, qu’est-ce que cela change pour vous ?

Cela change pas mal de choses. Déjà, nous nous mettons à fonctionner avec des règles juridiques et d’organisation qui sont plus proches d’une entreprise. Nous pouvons donc travailler avec beaucoup plus d’agilité sur le plan financier et RH.

Puis, nous avons une gouvernance qui s’ouvre et s’enrichit de personnes qui vont venir mettre de l’argent et participer. Nous allons donc pouvoir faire une campagne de levée de fonds.

Nous gagnons en souplesse, mais la loi a prévu que nous ne reversions pas de dividende. Si nous faisons des bénéfices, nous les mettons en réserve et réinvestissons. Et la Chambre de commerce reste majoritaire.

En un mot, comment définiriez-vous TBS ?

Efficacité.

Parce que je pense que nous sommes bons dans ce que nous faisons. Nos étudiants voient se réaliser les promesses que nous leur faisons. Les entreprises sont satisfaites de travailler avec nous. Nous produisons une contribution intellectuelle de qualité. Et nous contrôlons bien nos équilibres économiques. Donc efficacité est le terme qui qualifie le mieux TBS aujourd’hui, d’autant que nous sommes l’une des écoles les moins chères du marché.

TBS fait partie des écoles triples accréditées et est très souvent citée dans le top 10 des écoles de commerce françaises. Quels sont vos objectifs sur les cinq prochaines années ?

Nous resterons sur une croissance raisonnable. Même si nous nous développons beaucoup, on ne dépassera jamais les 10 000 étudiants. Nous sommes arc-boutés sur le maintien de nos accréditations, car c’est très structurant.

Nous allons continuer à travailler sur les sujets de développement durable et de responsabilité sociale des entreprises : c’est un axe de développement fort.

« Nous souhaitons poursuivre notre internationalisation »

Poursuivre notre internationalisation : plus d’étudiants étrangers dans l’école, que ce soit sur nos campus à l’international ou en France.

L’objectif est également de garder notre excellence dans le domaine de la recherche. Puis, nous avons beaucoup investi sur l’innovation pédagogique, nous allons poursuivre dans cette voie ces prochaines années.

Nous souhaitons également continuer à former des entrepreneurs. Pour finir, l’objectif est aussi de continuer à travailler sur notre axe territorial en déployant notamment une extension de nos campus à Toulouse, car nous commençons à être à l’étroit.

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