Mon engagement pour l'égalité des chances à l'ISAE-SUPAERO

Passionnée depuis toujours par l'espace et l'astrophysique, Inès, 26 ans, nous parle avec fierté de son expérience à l'ISAE-SUPAERO et de sa participation bénévole au programme "Ose" dont elle est aujourd'hui la marraine, en faveur de l'ouverture des études pour tous.

Je me présente…

Je suis doctorante en planétologie à l’Université Paris Sud à Orsay. Passionnée par les astres, j’ai voulu en faire mon métier depuis que je suis toute petite. Je travaille aujourd’hui à la préparation de la mission JUICE de l’Agence Spatiale Européenne en étudiant les propriétés de la surface des trois lunes glacées de Jupiter. Je suis par ailleurs très active dans le milieu associatif à travers des engagements divers tels que la médiation scientifique avec l’association UniverSCiel, mais aussi l’égalité hommes-femmes (notamment inciter les jeunes filles à poursuivre des études scientifiques) en étant ambassadrice du programme ‘Pour les filles et la science’ de la Fondation L’Oréal, et enfin l’égalité des chances par le biais de mon engagement dans OSE l’ISAE.

Comment j’ai intégré ISAE-SUPAERO

Avant d’intégrer ISAE-SUPAERO, quel a été ton parcours ?

J’ai intégré l’ISAE-SUPAERO en 2012 après deux ans de classes préparatoires au lycée Fermat à Toulouse. J’ai grandi à Toulouse dans le quartier Bagatelle et ai passé toute ma scolarité dans cette ville.

Quelle formation as-tu suivie à l’ISAE-SUPAERO ?

La formation est assez généraliste, j’ai donc pendant deux ans étudié des sujets très divers comme l’aérodynamique, les mathématiques, la physique ou encore l’automatique. J’ai choisi, chaque fois que j'en ai eu l'opportunité, d’orienter mon cursus vers le spatial et l’astrophysique ou en participant à des clubs techniques comme le club Cubesats.

Pourquoi avoir fait ce choix d’études ?

Tous mes choix ont été guidés par ma passion pour l’espace et l’astrophysique. J’ai décidé dès le collège que je voulais en faire mon métier et j’ai donc cherché à orienter mes choix dans ce sens à chaque nouvelle étape de ma scolarité.

Mon engagement dans le programme Ose l’ISAE-SUPAERO

Qu’est-ce que le programme Ose l’ISAE-SUPAERO ?

Le programme OSE l’ISAE est un programme d’ouverture sociale qui met à contribution les étudiants de l’ISAE-SUPAERO. Il comprend plusieurs initiatives pour tenter d’ouvrir les horizons des jeunes étudiants dans les quartiers défavorisés et les zones rurales de la région toulousaine, et les encourager à poursuivre des études supérieures. Avant tout, le but de ce programme est de lutter contre l’auto-censure de ces élèves, qui pensent trop souvent que d’avoir des projets au-delà de leur quartier ou de leur commune leur est interdit. Des projets autour du handicap et de l’égalité femmes-hommes sont aussi menés.

As-tu toi-même bénéficié de ce programme ?

J’ai découvert le programme en intégrant l’école et je n’en ai moi-même jamais bénéficié.

Aujourd’hui, quel est ton rôle en tant que marraine ?

J’ai été bénévole tout au long de ma scolarité avant de devenir à mon tour marraine du programme. Aujourd’hui, mon rôle est de continuer à soutenir le programme du mieux que je le peux. Je me rends disponible le plus souvent possible pour des événements ponctuels ou pour les jeunes qui souhaiteraient avoir des conseils. Je pense aussi que mon parcours peut avoir un écho auprès des jeunes : si je peux montrer par l’exemple que non, ce n’est pas parce qu’on grandit dans un quartier populaire qu’on ne peut pas faire de belles études et réaliser de superbes projets, cela en vaut vraiment la peine !

La parité est malheureusement peu présente dans les formations d’ingénieurs. À ton avis, comment les établissements peuvent y remédier ?

Dans de nombreux établissements, des initiatives existent déjà pour montrer que le métier d’ingénieur est aussi un métier de femmes ! A l’ISAE-SUPAERO, l’initiative étudiante ISAElles, soutenue par OSE l’ISAE et la Fondation ISAE-SUPAERO, fait ce travail-là. Je pense que les établissements doivent soutenir ce type d’initiative et les encourager. Il faut selon moi oeuvrer pour l’ouverture des laboratoires et montrer par l’exemple que la parité est possible dans ces métiers.

Ma vie après l’ISAE-SUPAERO

Que fais-tu actuellement ?

Je suis actuellement en deuxième année de doctorat en planétologie à l’Université Paris Sud à Orsay. Je travaille sur les propriétés de surface des lunes glacées de Jupiter en collaboration avec Airbus Defence Space à Toulouse. Ma thèse s’inscrit dans la préparation de la future mission JUICE de l’Agence Spatiale Européenne.

Qu’est-ce que l’ISAE-SUPAERO t’a apporté que tu n’aurais pas trouvé ailleurs ?

Une richesse dans le programme, un environnement scientifique unique sur le campus scientifique de Rangueil pour le spatial, et surtout de nombreuses opportunités. En quatre ans, j’ai participé à la construction d’un satellite, organisé une régate d’aviron, participé à un meeting aérien et à des tournois sportifs, j’ai travaillé plus d’un an sur le rover martien Curiosity, rencontré des pilotes, des astronautes, des ingénieurs et chercheurs de renom etc. Aussi bien professionnellement et personnellement que sur le plan de l’engagement associatif, mon passage à l’ISAE-SUPAERO a été extraordinaire et m’a lancée dans la vie de la meilleure des façons.

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui voudrait suivre un parcours comme le tien ?

Je dirai que les plus grosses barrières que l'on doit franchir sont souvent celles que l'on se met soi-même. Si on a un objectif, une passion, il faut se donner toutes les chances d’y arriver. Je dirai aussi qu’il faut garder les yeux ouverts et saisir les opportunités que l’on a. La destination ne sera pas nécessairement celle qu’on avait prévu, mais si on se donne à fond, le voyage en vaudra toujours la peine !