Le parcours de Romain Quechon, opérations manager à BNP Paribas à San Francisco

Fondation de Start'Aix une association étudiants entrepreneurs, création d’une application dédiée aux transports en commun et la mise en contact des usagers nommée BoostMyTrip, opérations manager à Finlabs pour l’Atelier BNP… Après un Master à l’IAE d’Aix en Provence, Romain Quechon travaille aujourd’hui au cœur de la Silicon Valley et possède un CV déjà bien rempli. Diplomeo vous laisse découvrir son parcours scolaire et professionnel afin de comprendre comment on parvient à travailler sous le soleil San Francisco et surtout à appréhender les enjeux de l’innovation entrepreneuriale. 

Aujourd’hui, Program et Operations Manager à l’autre bout du monde pour l’Atelier BNP, quel a été ton parcours d’études et professionnel ?

Premièrement, je suis titulaire d’un bac STG ainsi que d’un DUT Gestion des Administration à l’Université de Nantes. À la base je voulais être expert-comptable. J’ai fait deux ans en comptabilité avant d’effectuer un stage chez KPMG mais aussi auprès de l’association Réseau Entreprendre qui accompagne des chefs d’entreprise et leur projet de création. Suite à ces stages, j’ai réalisé que le domaine de la comptabilité n’était pas du tout fait pour moi. Il a fallu que je trouve un moyen de rebondir et de faire autre chose. Donc, après ces deux années je suis parti un DUETI, le Diplôme d’Université d’Études Technologiques Internationales.

Ensuite, durant un an en Irlande du Nord, j’ai effectué ma troisième année en Licence Finance, business, management et plan entrepreneuriat à l’Université d’Ulster. Là-bas, j’ai travaillé avec une équipe de trois irlandais sur un projet de création d’entreprise. J’ai commencé à toucher du doigt la partie entrepreneuriat et innovation que j’avais déjà vue avec Réseau Entreprendre.

Par la suite, passant de l’Irlande au sud de la France, j’ai fait un master à l’IAE d’Aix en Provence. Ce master en Marketing spécialisé en services n’était pas forcément le domaine qui me faisait le plus rêver mais il me permettait de m’occuper de projets à côté. J’ai travaillé sur deux projets, dont la création de BoostMyTrip qu’on a poussée jusqu’au bout, ainsi que l’association des étudiants entrepreneurs pour l’IAE nommée Start'Aix. Cette dernière a pour objectif d’assister les élèves dans leur projet en leur trouvant des mentors, des experts, des professionnels qui vont pouvoir les accompagner dans le domaine entrepreneurial.

Fondation de BoostMyTrip, de Start'Aix, opérations manager à San Francisco… : est-ce que c’est au sein de ta formation que tu as développé vos compétences entrepreneuriales et cette volonté d’innover, de créer ?

Ce qui m’a beaucoup aidé dans mon parcours d’études est le fait d’avoir touché à beaucoup de choses entre la finance et la comptabilité, avec une méthode de travail très rigoureuse et cadrée. Maintenant, je peux gérer des activités de pilotage. Mais, en même temps j’ai rencontré pas mal d’entrepreneurs. Aujourd’hui, cela me permet de comprendre quelles sont les problématiques d’entrepreneurs, quels sont les industries et les marchés dans lesquels beaucoup d’innovations commencent à sortir.

« Le réseau est une chose capitale. »

En effet, tout au long de mon parcours, j’ai eu l’occasion de rencontrer des chefs d’entreprise, des directeurs généraux de grosses boîtes. Start'Aix m’a aussi permis de prendre contact avec tous les acteurs de l’innovation dans la région PACA Est. À 20 ans, c’est impressionnant. Pour ce qui est de mon job actuel, que ce soit à Paris ou à San Francisco, je rencontre quotidiennement des patrons de sociétés françaises, des fondateurs dans différents domaines, des banquiers.

Toutes ces rencontres commencent à constituer un beau réseau et je sais que je peux activer des projets assez facilement aujourd’hui. Une autre chose qui compte et que je remarque tous les jours avec les entrepreneurs, est la capacité d’exécution, le fait ne pas avoir peur.

«  Beaucoup de gens se posent des questions mais lorsqu’on a une conviction et qu’on a quelque chose de sympa à creuser, il faut savoir se lancer et ne pas avoir peur d’expérimenter que ça fonctionne ou non. »

Opérations manager, en charge du développement international, en quoi ça consiste vraiment ? Quelles sont tes missions ?

L’Atelier est une filiale de BNP Paribas qui se spécialise en innovations. On est une cinquantaine de personnes, en comprenant le siège à Paris où j’ai passé deux années, tout en étant présent à Shanghai et San Francisco. C’est mon premier emploi depuis ma sortie d’études il y a trois ans et depuis que je suis arrivé à l’Atelier, j’ai pu faire pas mal de choses. Au sein de l’Atelier, on a plusieurs activités et je me spécialise dans l’accélération.

« Notre objectif est de permettre à BNP Paribas et à des entités métiers de travailler ensemble. »

Par exemple, il y a des agences physiques que l’on retrouve au coin de la rue qui s’occupent des particuliers, des petites entreprises, des assurances. Tous ces gens ont des besoins en matière d’innovation : il faut sortir des nouveaux produits avec les services financiers, optimiser des processus en interne, améliorer le parcours et l’expérience du client.

Pour tous ces sujets-là, la banque souhaite travailler avec des Start-up, car elles ont déjà sorti des produits et des services sur le marché. Finalement ces produits et services peuvent être intéressants pour la banque afin de les proposer à des entreprises. Sur la même méthodologie, on fait cela avec des banques clients. Donc mon travail, que j’ai commencé en France pour aider les clients à définir leurs besoins, leurs thématiques d’innovation, est d’aller communiquer les besoins de JC Decaux, des laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre, des chocolats Cémoi, auprès des Start-up afin qu’elles leur apportent des solutions.

Par la suite, j’ai été envoyé à San Francisco pour exécuter la même chose avec la banque BNP Paribas directement et la faire travailler avec des Start-up dans la Silicon Valley.

Comment un cursus apprend à booster une entreprise ?

De par le parcours d’études, j’ai eu les bases sur pas mal de sujets. Après, l’expérience de mes trois années me permet d’être pertinent parce que tous les jours, je vois des entrepreneurs et des problématiques différentes, des solutions pour y répondre. Finalement, c’est en étant sur le terrain, au fil des discussions avec les entrepreneurs qu’on réalise les vraies problématiques et ça ne s’apprend pas forcément dans des livres ou dans des cours théoriques.

Aujourd’hui, pourquoi et comment on en arrive à travailler dans la Silicon Valley ?

En France, il fallait s’assurer que les projets de collaboration entre les grandes entreprises et Start-up aboutissent sur des vraies success stories ainsi que constituer un réseau avec des mentors, des experts et faire parler du programme dans toute la France. Comme ça s'est très bien passé avec le programme à Paris, aujourd'hui reconnu dans toute la France, on est arrivé aux États-Unis avec le projet sur papier qu'on devait monter et exécuter pour L'Atelier à San Francisco. 

« J’ai développé le programme à l’international avec la banque dans la Silicon Valley et comme je l’ai construit et structuré, on m’a proposé de partir aux Etats-Unis. »

Maintenant, je travaille en binôme avec une américaine qui connait beaucoup mieux les systèmes nationaux que moi. Je m’occupe de la partie opération, méthodologie et pilotage au quotidien.

D’après toi, quels vont être les enjeux de la création d’entreprise pour les futurs diplômés ?

C’est assez compliqué, car on entend parler de beaucoup de choses au sujet de monter une boîte. C’est d’ailleurs ce que j’appelle la « Hype » de la création d’entreprise. Désormais, ce n’est plus à la mode de sortir d’une école pour aller travailler au sein d’un grand groupe, la mode c’est de monter sa Start-up. Je trouve ça génial que le sujet de la création d’entreprise se soit démocratisé parce qu’il y a 5 ou 6 ans, ce n’était pas encore le cas. Néanmoins, je vois beaucoup de projets peu aboutis. Parfois, des boîtes se montent sur des produits, des services, des propositions de valeurs qui ne sont pas solides et c’est compliqué de construire sur une mauvaise base.

« Il ne faut pas oublier qu’il s’agit avant tout d'être chef d’entreprise et de prendre des risques . »

En France, on a une responsabilité sociétale et économique de créer des emplois et bouger les industries et ça ne se fait pas facilement. Parfois, ce que je trouve dommage, c’est le fait de se reposer sur des subventions qui sont proposées par l’État sans se poser la question : « Est-ce que ma boîte va tenir sur le long terme ? »

Ainsi, le conseil que je donnerais est qu’il faut partir avec une expertise sur une industrie ou un marché. Il est nécessaire d’avoir de l’expérience dans un domaine pour comprendre les problématiques pas encore adressées. Cela permet aussi d’être plus pertinent auprès des investisseurs et des banques pour se faire financer. Il faut également savoir s’entourer d’une équipe complémentaire. Les formations aujourd’hui cloisonnent par spécialités, en finance, marketing et d’autres domaines alors qu’on est amenés à travailler avec des gens issus de parcours totalement différents, n’ayant pas les mêmes façons de raisonner. On peut travailler avec des personnes qui ont fait de la vente, du développement et finalement c’est parfois un peu compliqué de travailler avec eux, car on n’a pas la même façon de fonctionner. Il est donc primordial de savoir s’adapter et être curieux.

« Poser les bonnes questions aux gens permet de trouver des problématiques sur lesquelles on peut monter une boîte. »

Enfin, je rencontre des entrepreneurs trop sûrs d’eux et qui ne sont pas assez à l’écoute. Selon moi, l’une des plus grandes qualités que l’on retrouve auprès des grands entrepreneurs, est le fait d’être humble et de savoir se remettre en question.