Réforme 2019 : futurs infirmiers, futurs internes, les nouveautés !

Suppression du concours d’entrée en école d’infirmiers et remaniement de certains examens en études de médecine. C’est ce qu’ont annoncé, jeudi 5 juillet, les ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Santé, Frédérique Vidal et Agnès Buzyn, à l’occasion du Congrès de l’Association nationale des étudiants en médecine.

Suppression, remaniement... Que sont ces histoires à propos des IFSI et des études de médecine ? Diplomeo vous explique tout, en long, en large et en travers !

Suppression, remaniement : explications

IFSI et ECN : réponses à toutes vos questions !

Les concours d’entrée en IFSI, c’est fini !

Désormais, la sélection se fera sur dossier scolaire, donc avec la plateforme Parcoursup, pour les bacheliers qui connaissent d’ores et déjà leur désir de devenir infirmier. Celle-ci sera également possible via d’autres voies professionnelles : si vous avez suivi une formation d’aide-soignant ou en puériculture, vous pouvez vous rediriger vers le métier d'infirmier.

Cette nouvelle réforme sur les concours infirmiers s'inscrit dans la volonté d’« universitariser » les 326 IFSI : les élèves de ces instituts pourront grâce à ce changement tirer des bénéfices du statut étudiant et de ses avantages. Ces derniers, après trois années d’enseignement, auront droit à un diplôme équivalent à la licence. Ajoutez encore trois années de pratique et ils pourront entrer dans une récente création, l’IPA : le master d’infirmier de pratique avancée, qui offre des spécialisations telles que cancérologie, néphrologie et maladies chroniques. D’après les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé, « 10 universités seront en mesure de proposer ces masters » dès la rentrée de septembre.

Les ECN, de l’histoire ancienne ?

Eh non… Si elles ne seront plus tout à fait les mêmes qu’avant, en 2019, les épreuves classantes nationales ne disparaîtront pas totalement.

Petit rappel cependant : après trois premières années de formation très théoriques, les étudiants en médecine entrent dans le très concret. Plus clairement, ils deviennent « externes » (travaillant dans un centre hospitalier en alternance avec les cours à la fac) et préparent durant trois années leur DFASM, leur diplôme de formation approfondie en sciences médicales. Pour avoir ce diplôme, il est nécessaire de passer par les épreuves classantes nationales, c’est-à-dire un concours en fin de sixième année, qui détermine leur classement, mais aussi leur affectation en tant qu’internes et leur spécialité.

C’est ici qu’intervient le changement. En effet, si les épreuves classantes nationales donnent toujours lieu à un classement, l’épreuve est à présent divisée en trois parties : un examen en fin de 5ème année, validant les acquis, un autre en fin de 6ème année, plus porté sur les aspects cliniques.  Enfin, le parcours de l’étudiant sera pris en compte, notamment les stages. Ainsi, la nouvelle évaluation des ECN demandera d’obtenir une moyenne de 10 sur 20 pour accéder à l’internat.

Les principales raisons ?

Voici quelques arguments pour expliquer cette réforme, le but étant d'améliorer les conditions d'études des aspirants en santé. 

Pour les étudiants en santé, la santé, leur propre santé

Le gouvernement avait commandé à Donata Marra, présidente du Bipe (Bureau interface professeurs étudiants) de la Sorbonne université, un rapport à propos du bien-être des étudiants en santé, pour avril 2018. La présidente du Bipe devait notamment faire un état des lieux des conditions d’études dans ces filières en France et à l’étranger, suite aux enquêtes alarmistes de plusieurs associations étudiantes. Les résultats étant désastreux, le gouvernement a décidé de quelques changements dans ces filières : allègement des cours, diminution de la compétition, mise en place de structures d’accompagnement, amélioration des conditions de stage...

Pour les IFSI, la démocratisation

L’une des raisons de la réforme des IFSI serait la démocratisation des 326 instituts de formations en soins infirmiers. En effet, les étudiants seront donc exemptés des frais de préparation — comme les prépas à 2000 euros —, de frais d’inscription (environ 90 euros) et enfin de frais de déplacement à ces concours. À la place, on trouvera Parcoursup. Ceci dit, les oraux d’admission sont toujours d’actualité.

À voir, donc, les résultats de cette réforme et si son but sera atteint ou si le besoin d'autres changements se fera sentir... 

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Alice Claux