Pourquoi certains établissements recrutent hors APB

Écoles d’ingénieurs, de commerce, d’arts, de communication, du web, et même, universités… : de nombreux établissements ont décidé de ne pas intégrer la plateforme APB. Pour quelles raisons ? Diplomeo fait le point.

La plateforme suscite bien des débats !

« Quelle usine à gaz ! Quelle complexité ! Quelle peur devant la machinerie ! Que de bugs ! » C’est ainsi que Bruno Magliulo, auteur du livre « APB pour Les Nuls » et membre du comité de pilotage d’APB définit la plateforme Admission Post Bac lors de sa création, il y a un peu moins de dix ans. Depuis, la procédure s’est simplifiée. Aujourd’hui, elle est presque devenue incontournable pour les élèves qui souhaitent suivre des études dans l’enseignement supérieur français. Cependant, de nombreux établissements recrutent encore en dehors de la procédure APB. Pour quelles raisons ? Voici quelques éléments de réponse.

Les raisons qui poussent certaines écoles à recruter hors APB

De nombreux établissements ne figurent pas sur Admission Post Bac. Et ce, malgré l’envie du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de regrouper un maximum formations sur la plateforme.

Le manque de flexibilité de la plateforme

Plusieurs explications peuvent être avancées pour expliquer la non-participation des établissements à la procédure APB. Tout d’abord, le manque de flexibilité de celle-ci. « Les responsables des formations veulent garder la maîtrise de leur calendrier et ne souhaitent pas respecter les mêmes dates que celles imposées par Admission Post Bac. Ils veulent pouvoir, s’ils le souhaitent, ne pas attendre le 2 avril pour faire le commencement des épreuves d’admission, ne pas attendre le 20 janvier pour commencer les procédures d’inscription, et ne pas attendre le 8 juin pour commencer à donner les résultats. Ils veulent pouvoir les communiquer directement, et sans passer par une plateforme extérieure », explique Bruno Magliulo.

Formulation des vœux, envoi des dossiers, réponses des établissements… : APB demande en effet une réelle organisation, notamment pour les formations sélectives qui recrutent leurs étudiants par des concours. Stephan Galy, directeur des programmes de l’IDRAC Business School, dont le bachelor Responsable du Marketing et du Développement Commercial, visé sur 7 campus, vient de rejoindre la plateforme APB, commente :

« Intégrer APB, ce sont de fortes contraintes logistiques à assumer. Jusqu’à présent, nous avions des candidats sur toute l’année, maintenant, nous devrons respecter les périodes très courtes fixées par APB. C’est compliqué pour une école multicampus comme la nôtre. Certaines écoles ne souhaitent pas s’imposer ces contraintes et choisissent de garder leur flexibilité », ajoute-t-il.

Certaines écoles n’ont pas besoin d’APB

Certains établissements, quant à eux, n’ont pas besoin de passer par la plateforme APB pour effectuer leur recrutement. « Lorsque l’on s’appelle Paris Dauphine ou HEC, on n’a pas besoin d’APB pour remplir nos formations. On sait que dans tous les cas, on aura largement assez de candidats. Nombre d’établissements, parfois fort prestigieux, font donc le choix de rester en dehors de la procédure », détaille Bruno Magliulo. Un point de vue partagé par Stephan Galy : « Je ne pense pas que toutes les écoles seront un jour sur APB. Certains établissements sont suffisamment spécifiques et connus. Ils souhaitent garder leur liberté dans leur mode de recrutement », témoigne-t-il.

Toutes les écoles ne peuvent pas intégrer la plateforme

D’autres écoles, quant à elles, ne peuvent tout simplement pas intégrer la procédure. « Pour qu’une formation puisse figurer sur APB, elle doit être visée par le ministère de l’Éducation nationale. La question ne se pose donc pas encore pour nos formations post-bac qui ne sont pas visées », commente une responsable de l’ESIAE (École supérieure internationale d’administration des entreprises de Paris). Nombre d’écoles ne peuvent donc pas intégrer la plateforme. « Nous avons créé nos bachelors il y a bientôt six ans, témoigne Stephan Galy. Si nous avons décidé d’entrer dans APB, c’est pour poursuivre notre montée en gamme puisque le bachelor en question est maintenant visé par le ministère sur nos différents campus. Sans l’autorisation du ministère et du rectorat, les écoles ne peuvent ajouter leur formation à la plateforme APB. D’ailleurs, certaines écoles ne cherchent même pas à avoir cet accord », ajoute-t-il.

Les raisons qui poussent beaucoup d’établissements à rejoindre APB

De plus en plus d’établissements font le choix d’intégrer Admission Post Bac. Les raisons sont multiples : la notoriété du portail, sa visibilité, mais aussi, la possibilité de remplir plus facilement leurs promotions.

Une grande notoriété

Aujourd’hui, une grande partie des formations françaises ont fait le choix de rejoindre la plateforme. Et pour cause : le portail en ligne est devenu la référence en matière d’orientation post-bac. « Si nous avons décidé d’intégrer la plateforme, c’est d’abord pour profiter de la notoriété d’APB qui est aujourd’hui devenu un acteur incontournable de l’orientation des lycéens », argue Stephan Galy. Depuis quelques années, de nombreuses formations peu connues ont donc rejoint la plateforme. Un moyen de se donner plus de visibilité et d’exister aux yeux des candidats et de leurs parents.

De nombreux candidats

En 2014, Atout+3, concours commun pour intégrer une école de commerce post-bac, faisait le choix de rejoindre la plateforme. Un choix qui a porté ses fruits puisque le nombre de candidats inscrits au concours a augmenté de manière considérable : 24 % par rapport à l’année 2013. Une augmentation d’autant plus significative que l’année précédent son entrée dans APB, le concours regroupait 10 écoles, contre 8 en 2014. « L’arrivée d’Atout+3 sur le portail APB est aujourd’hui un véritable succès, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Cette procédure qui est aujourd’hui bien identifiée par les jeunes, a fortement contribué au développement de notre visibilité », déclarait alors Christian Chenel, délégué général du concours.

Des résultats qui seraient très appréciés du côté de l’IDRAC. « Nous n’avons jamais eu de souci pour recruter des étudiants dans nos bachelors. Nous avons décidé d’intégrer APB pour une question de reconnaissance et de légitimité. Mais si ça peut nous amener quelques candidats supplémentaires, tant mieux » , avoue Stephan Galy.

Pour Bruno Magliulo, les atouts de la plateforme sont indéniables. « Aujourd’hui, avec APB, les formations sont presque automatiquement remplies. Après les premières phases APB, de nombreux cursus ont encore desplaces vacantes. Il peut être difficile d’aller les chercher des étudiants hors APB. Grâce à la procédure complémentaire, les établissements ont un deuxième lot d’affectation qui permet de remplir là où il n’y avait pas assez d’étudiants, c’est un gros avantage », argue le membre du comité de pilotage d’APB.

En 2015, 788 000 lycéens et étudiants en réorientation émettaient au moins un vœu lors de la procédure APB. Un chiffre en constante augmentation. « APB a été une bonne chose dans le sens ou le portail a éclairé le public sur la largeur d’offres et de débouchés qui s’offrait à un lycéen de terminale », conclut Stephan Galy.

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